Harmonie Mutuelle

La DMLA



En France, 600 000 patients sont atteints de DMLA, un chiffre qui va doubler dans les 25 prochaines années. Cette affection de la rétine est la première cause de malvoyance chez les personnes de plus de 50 ans. Un dépistage précoce permettrait d'éviter son évolution irréversible vers un lourd handicap visuel. Il existe aujourd'hui des traitements, d'autant plus efficaces qu'ils sont appliqués tôt.

Une maladie méconnue

La dégénérescence maculaire liée à l'âge, ou DMLA, touche 8 % de la population au-delà de 60 ans et 25 % après 75 ans. Cette maladie grave de la rétine est responsable chaque année de 3 000 cas de malvoyance (moins de 3/10 à chaque œil) dans notre pays. Et ces chiffres vont s'aggraver avec l'augmentation de l'espérance de vie. Pourtant, 2 % seulement des adultes savent que c'est la cause principale de cécité chez les plus de 50 ans. Et seul un quart des patients atteints consultent assez tôt pour être traités efficacement.


 Sources

- Association Retina France, BP 62 - 31771 Colombiers Cedex, n°Azur : 0 810 30 20 50 (prix d'un appel local)
- Dr Alina Oprina, Dr Monique Lascaux et Dr Jean Michel Bosc, Département de rétine médico-chirurgical, Clinique Jules Verne, Nantes

Auteur(s) : Chantal BRUET-FERREOL, journaliste
Dernière modification : Mercredi 13 juin 2012

Une évolution en 3 stades

L’âge, associé à des facteurs environnementaux et génétiques, est responsable du vieillissement de l’œil et de la rétine. Ce vieillissement, imperceptible par le patient, se traduit par des modifications visibles uniquement lors de l’examen ophtalmologique du fond d’œil. Il est marqué par l'apparition de petites taches jaunes au niveau de la rétine. A ce stade, il n’existe pas de baisse de vision, on parle de maculopathie liée à l’âge. La découverte de ces lésions par votre ophtalmologiste, ne doit pas être source d’angoisse. Elle doit conduire à une surveillance pour dépister toute évolution traduisant le passage vers une forme plus grave, la dégénérescence maculaire.

Dans le second stade, des troubles apparaissent plus ou moins rapidement :

  • baisse de l’acuité visuelle ;
  • sensation de ternissement des couleurs ;
  • déformation des images (lignes tordues, lettres déformées) ;
  • disparition de zones de vision ;
  • apparition d’une tache sombre au milieu du champ de vision ;
  • accroissement de la sensibilité à la lumière ;
  • sensation de clignotement.

La dégradation de la vision s'effectue progressivement au niveau d'un œil, puis des deux. À terme, le malade perd la vision centrale. La disparition de cette vision fine entraîne l'impossibilité de lire, d'écrire, de regarder la télévision… et même de reconnaître les visages familiers.

Les premiers signes - gêne à la vision ou sensation d'éclairage insuffisant - passent souvent inaperçus. Le symptôme le plus caractéristique est la sensation d'ondulations des lignes droites. Attention aux textes, aux plinthes ou aux grilles qui semblent courbés… Il faut alors consulter d'urgence : le mal est déjà avancé. Un traitement immédiat s'impose.

La grille de Amsler(ci-dessous) va vous permettre de tester votre vision. Pour cela, éloignez-vous de 30 cm de l’écran. Mettez vos lunettes pour lire. Cachez vous un œil, et avec l’autre, fixez le point central de la grille.


Autour du point, les lignes vous apparaissent-elles déformées, ombrées ou trouées ? Si la vision d’un de vos yeux a récemment et rapidement baissé ou si vous avez la sensation de voir des lignes droites déformées, prenez rendez-vous le plus rapidement possible chez votre ophtalmologiste.

Auteur(s) : Chantal BRUET-FERREOL, journaliste
Dernière modification : Mercredi 13 juin 2012

Les examens médicaux

Dès que la DMLA est suspectée, l'ophtalmologiste va rechercher l'existence de néovaisseaux au fond de l'œil par angiographie ou OCT (optical coherent tomography).

L’angiographie est une photographie des vaisseaux rétiniens et choroïdiens après coloration. Deux colorants peuvent alors être administrés au patient par injection intraveineuse afin de différencier les différents types de néovaisseaux.

L’OCT (optical coherent tomography) est un scanner de la rétine qui met en évidence les anomalies non visibles par le fond d’œil. Cet examen dure quelques minutes et peut être réalisé au cabinet de l’ophtalmologiste. Il est indispensable dans tout le suivi de la dégénérescence.

Ces deux examens vont permettre de distinguer la maladie en forme sèche de celle en forme exsudative, dite « humide », la seule accessible au traitement.

Auteur(s) : Chantal BRUET-FERREOL, journaliste
Dernière modification : Jeudi 01 décembre 2011

La DMLA : les traitements

Un traitement préventif est valable pour les différentes formes de la DMLA. Il consiste à diminuer les facteurs de risques par :

  • l’arrêt de la consommation de tabac ;
  • l’équilibre de la tension artérielle et du cholestérol ;
  • la diminution de la surcharge pondérale.

Il est également recommandé de s’équiper de verres filtrant les UV (teinte jaune) pour protéger ses yeux du soleil.
Une importante étude américaine (AREDS) recommande la consommation de compléments alimentaires à base de vitamines E et C, oméga 3 et 6, lutéine, zéaxanthine, oligo-éléments (zinc, cuivre et sélénium).

Le traitement de la DMLA néovasculaire sous sa forme dite « humide », doit être entrepris rapidement, dès que le diagnostic est posé. Il consiste à détruire de manière sélective les vaisseaux anormaux afin de prévenir les retentissements de la DMLA. Les injections intravitréennes (IVT) d’agents anti-VEGF (vascular endothelial growth factors) LUCENTIS et AVASTIN ont révolutionné le traitement.
Avec une durée d’action d’un mois, ils agissent comme un « désherbant » sélectif sur les vaisseaux anormaux. La persistance ou la repousse de ces néovaisseaux expliquent la nécessité d’injections répétées.

D’autres actes thérapeutiques comme le laser ou la photothérapie dynamique peuvent être encore utilisés.

Auteur(s) : Chantal BRUET-FERREOL, journaliste
Dernière modification : Jeudi 01 décembre 2011

À voir aussi
Pour en savoir +