Harmonie Mutuelle

Le harcèlement à l'école



Le harcèlement à l’école n’a rien de nouveau mais le sujet a longtemps été tu, si bien qu’on ignore où nous en sommes, si cela a empiré ou décliné. Il aura fallu attendre l’année dernière pour voir enfin les pouvoirs publics se saisir du problème, via les assises nationales sur le harcèlement à l’école.

La souffrance au quotidien

La première étape de la lutte contre le harcèlement consiste à le définir. Les spécialistes du sujet listent généralement trois caractéristiques :

  • répétition et durée : si un élève se moque une fois d’un autre, cela n’a rien à voir avec du harcèlement. Mais si ces moqueries sont récurrentes et s’inscrivent dans la durée, plusieurs années parfois, on peut alors parler de harcèlement. Ce critère est essentiel pour définir le problème ;
  • la disproportion des forces : le harcèlement ne peut avoir cours d’égal à égal, il y a toujours un plus fort, le harceleur, et un plus faible, la victime. Loin du cliché de la brute épaisse contre « l’intello maigrelet à lunettes », la supériorité du harceleur peut aussi bien être physique, intellectuelle, sociologique, psychologique ou numérique quand l’harceleur est un groupe ;
  • la volonté de nuire : il est rare qu’un harceleur ne soit pas conscient de ce qu’il fait, au contraire, mais il est guidé par la volonté de nuire, d’humilier sa victime, de la blesser ou d’affirmer sa supériorité... Certaines formes de harcèlement, via les réseaux sociaux notamment, peuvent toutefois « déresponsabiliser » du fait de l’anonymat et de « l’effet de groupe ».

Auteur(s) : Clément GILBERT, journaliste
Dernière modification : Vendredi 30 mars 2012

Des formes diverses

Le harcèlement peut prendre des formes très diverses, des plus explicites au moins évidentes. Dans la première catégorie, on pense bien évidemment aux coups, aux insultes ou aux menaces. Ce ne sont pas forcément les actes de harcèlement les plus courants, car facilement repérables Dans la deuxième, on classe les rumeurs, les « on-dit » mais aussi tout ce qui semble avoir trait à la plaisanterie. Il est en effet parfois difficile de distinguer ce qui se cache sous le prétexte de rire. Un surnom, même d’apparence anodine, peut devenir insupportable lorsqu’il n’est  pas accepté, relayé par tous et finit par tenir lieu d’identité à celui qui le porte. Enfin, le harcèlement peut prendre une forme très particulière, celle de l’isolement, de la mise à l’écart.

Auteur(s) : Clément GILBERT, journaliste
Dernière modification : Vendredi 30 mars 2012

Un « effet papillon »

Ainsi, un événement même d’apparence anodine peut constituer un véritable harcèlement et avoir de graves répercussions quand il se répète des années durant. La victime risque notamment de perdre l’estime d’elle-même, le goût des études, l’envie d’aller à l’école... Le harcèlement peut donc provoquer une véritable rupture d’avec le système scolaire, des difficultés durables dans les relations à l’autre, une dépression, des phobies, des tentatives de suicide... Au début de l’année, la veille de la rentrée scolaire, une collégienne de 12 ans s’est ainsi suicidée avec la carabine de son père, expliquant dans une lettre être le « souffre-douleur » de ses camarades. Les témoignages d’enfants harcelés et d’adultes l’ayant été dans leur jeunesse démontrent les profondes blessures dues au harcèlement.

Auteur(s) : Clément GILBERT, journaliste
Dernière modification : Vendredi 30 mars 2012

Des profils inexistants

On pense parfois qu’il existe des profils précis de harceleurs et de victimes. C’est loin d’être vrai. Côté harceleur, l’absence d’empathie, l’intelligence, la capacité à faire rire ses camarades, un certain charisme et une facilité à repérer la victime idéale sont évoqués. Mais le harceleur n’est pas pour autant celui qui se pavane dans les couloirs, il peut être beaucoup plus discret et n’est pas toujours perçu comme « le plus fort ». Il peut également manquer de confiance en lui et se rassurer en rabaissant quelqu’un d’autre. Côté victime, il est encore plus difficile de dégager un profil. Le harcelé peut être petit ou grand, maigre ou gros, voire costaud, de n’importe quel milieu social, de n’importe quelle couleur de peau... On note en général une certaine faiblesse de la victime, des difficultés à se défendre. Mais lorsque le harcèlement est le fait de tout un groupe, combien de jeunes trouvent la force de protester ? Enfin, sans que l’on sache vraiment s’il s’agit d’une cause ou d’un effet du harcèlement, la victime est souvent plus seule que la moyenne des élèves. Dégager le profil des acteurs du harcèlement reste donc particulièrement ardu, d’autant plus lorsqu’on a affaire à un groupe composé de personnalités différentes. Un groupe qui peut aussi être celui des victimes, à l’image de quelques élèves face à toute leur classe.

Auteur(s) : Clément GILBERT, journaliste
Dernière modification : Vendredi 30 mars 2012

Casser l'engrenage

Une situation de harcèlement perdure généralement grâce au silence, du harceleur bien évidemment mais aussi de la victime, par peur des représailles ou par honte. La première action consiste donc à parler, à se confier à un proche, un ami, un délégué de classe, un professionnel de l’éducation (surveillant, directeur, professeur...).

Il existe depuis peu un numéro d’appel national « Stop harcèlement », le 08 08 80 70 10. Il permet d’échanger avec des conseillers-psychologues, des juristes, des conseillers scolaires tout au long de l’année (du lundi au vendredi de 9 h à 21 h et le samedi de 9 h à 13 h). Sur le cas particulier du cyber-harcèlement, un autre numéro a été mis en place par l’association Net écoute (www.netecoute.fr), le 0800 200 000 (Numéro vert national : gratuit, anonyme, confidentiel et ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 19 h).

Le gouvernement a par ailleurs créé un site Internet dédié : www.agircontreleharcelementalecole.gouv.fr. Dans la rubrique « Que faire ? Qui contacter ? », parents, élèves ou professionnels de l’éducation trouveront notamment des guides et des fiches à télécharger. Enfin l’Association pour la prévention des Phénomènes de harcèlement entre élèves (APHEE ) fournit également de nombreuses informations sur son site (http://harcelement-entre-eleves.com).

Auteur(s) : Clément GILBERT, journaliste
Dernière modification : Vendredi 30 mars 2012

Le cyberharcèlement

Les nouvelles technologies, et surtout les réseaux sociaux, ont vu naître une nouvelle forme de harcèlement. Il repose par exemple sur une accumulation de messages anonymes, menaces ou insultes, envoyés sur le portable de la victime, sur son adresse de messagerie Internet, sur son blog… L’auteur peut être identifié mais une victime de harcèlement garde souvent le silence, par honte ou par peur des représailles. Le e-harcèlement peut aussi prendre la forme d’une page « dédiée » à la victime sur un réseau social, où chacun peut venir l’insulter. Les possibilités offertes par les nouvelles technologies sont malheureusement illimitées, mais plus facilement traçables aussi. Depuis peu, à l’initiative du gouvernement, il est possible de bloquer ou de supprimer le profil Facebook d’un harceleur.

Auteur(s) : Clément GILBERT, journaliste
Dernière modification : Vendredi 30 mars 2012