
Chaque année, la longue liste des malades en attente de greffe s’allonge davantage. Réticences personnelles, interdits religieux, absence de communication sur le sujet font parfois obstacle au don. Et pourtant...
La greffe d’organes est une opération du dernier recours qui s’envisage lorsque l’état d’un malade se détériore du fait d’une défaillance sévère et irréductible d’un ou plusieurs organes. Cette dégradation peut avoir de nombreuses causes comme une maladie du foie, certains cancers, la mucoviscidose, une malformation cardiaque... Ainsi, la longue liste des personnes en attente de greffe comprend aussi bien des nourrissons que des personnes âgées.
Le don d’organes peut sauver une ou plusieurs vies mais il implique malheureusement un décès dans plus de 90 % des cas. Si le don du vivant reste bien sûr possible, il est peu courant et dépend de l’organe concerné, de l’état de santé du donneur, de son lien de parenté avec le receveur et de nombreuses autres conditions. Dans la majorité des cas, c’est donc un diagnostic de mort encéphalique qui enclenche la procédure. Par ce terme de « mort encéphalique », on désigne l’arrêt irréversible de toute activité cérébrale, généralement suite à un traumatisme cranien, un accident vasculaire cérébral ou un arrêt cardiaque.
Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Vendredi 07 octobre 2011
Avez-vous déjà parlé à vos parents, à vos enfants ou à vos petits-enfants de votre position quant au don d’organe ? Comme beaucoup de Français, vous répondrez peut-être non. En effet, la question reste délicate à aborder, notamment parce qu’elle touche à des domaines tabous tels que la mort et le corps humain. Pourtant, la carte de donneur n’empêche pas la famille d’un défunt d’être consultée par un médecin, lorsque le don d’organes est possible. Si délicate que soit la question, il est donc nécessaire d’établir un dialogue autour de cette question afin que chacun puisse, en cas de malheur, connaître et exprimer la volonté du défunt.
Certaines occasions sont propices à l’ouverture du dialogue : l’existence d’une personne malade dans nos connaissances, une émission de télévision ou un article sur le thème…Les questions graves sont rarement évoquées en famille, mais plus simplement au cours d’une conversation avec un parent, un copain, un frère ou une sœur.
Lorsque ce dialogue naît, rien ne sert de philosopher au risque de rendre abstrait le don d’organes, mieux vaut évoquer cette vie que l’on transmet à quelqu’un d’autre. Tout simplement…
Lorsqu’une personne décède, c’est la famille qui est consultée en priorité. Or il n’est malheureusement pas rare que ses membres ignorent tout des souhaits de leur proche en matière de don d’organes. Il leur faut donc se prononcer pour lui et ce dans un moment très douloureux, puisque les organes ne peuvent être prélevés et transplantés que dans les quelques heures suivant le décès. Avec de plus, un risque de faire un choix contraire à ce qu’aurait souhaité le défunt. D’où la nécessité d’évoquer le sujet avec des mots simples, en profitant par exemple d’un article ou d’un reportage sur ce thème.
Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Vendredi 07 octobre 2011
La religion peut parfois constituer un obstacle au prélèvement pour les donneurs potentiels, du fait de certains interdits relatifs au corps ou à la mort. Mais pour les principales religions de France, le don d’organes est considéré comme un geste noble et donc autorisé, voire encouragé dans certains cas :
Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Vendredi 07 octobre 2011
On greffe pour remplacer ou suppléer un organe en défaillance sévère et irréductible, et dont la fonction est vitale, comme le rein.
Celui-ci représente 61,5 % * des greffes réalisées chaque année. Il est possible de ne vivre qu’avec un seul rein, c’est pourquoi le rein est le seul organe à pouvoir être prélevé du vivant du donneur.
Pour Fabien, privé dès deux mois de l’un de ses deux reins, le diagnostic d’insuffisance rénale signifie que seule une greffe pourrait lui permettre de continuer à vivre. En 2010, 15613 personnes ont eu besoin d'une greffe d'organe, seules 4708 ont pu être réalisées.
* Source : Agence de la Biomédecine
Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Vendredi 09 décembre 2011
Si la liste d’attente pour une greffe est si longue, c’est notamment en raison du faible nombre de prélèvements. En 2010, 1538 prélèvements d'organes ont été réalisés en France, 1 prélèvement possible sur 3 est refusé. En 2010, plus de 10 000 personnes étaient toujours en attente de don. *
* Source : Agence de la Biomédecine
Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Vendredi 09 décembre 2011
Très peu de prélèvements sont réalisés chez des donneurs vivants.
En effet, une telle intervention dépend bien sûr de l’organe greffé (tissus, rein et plus rarement partie de foie ou de poumon) mais également de l’état de santé du donneur et de son lien avec le demandeur.
Le donneur doit ainsi passer un bilan médical complet (examens cliniques, biologiques, radiologiques et évaluation psychologique) prescrit par un médecin de l’équipe médico-chirurgicale de greffe. A l’issue de ce bilan très strict, le donneur doit obtenir l’autorisation d’un comité scientifique indépendant, sauf s’il est le père ou la mère du demandeur.
Ce comité se compose de trois médecins, un psychologue et une personne spécialisée dans les sciences humaines. Ces 5 personnes ont pour mission « d’apprécier la justification médicale de l’opération, les risques que celle-ci est susceptible d’entraîner pour le donneur ainsi que ses conséquences prévisibles sur les plans physique et psychologique ».
Ce n’est qu’une fois l’autorisation de ce comité donnée que la procédure de don d’organe peut être lancée. Cependant, il ne s’agit aucunement d’un engagement de la part du donneur, celui-ci est libre de révoquer sa décision quand il le souhaite, conformément aux exigences de la loi bioéthique. Celle-ci prévoit également un suivi de l’état de santé des donneurs vivants via un registre dans lesquels sont compilées toutes les données les concernant à court et long terme.
Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Vendredi 09 décembre 2011