Les addictions sans produit


Les cyberdépendances

Que ce soit dans le cadre professionnel ou privé, Internet est devenu un outil quotidien pour grand nombre de personnes qui l’utilise pour s’informer, communiquer, se distraire... Mais son accès immédiat et illimité, l’anonymat d’utilisation et toutes les possibilités offertes par cet outil peuvent dans certains cas induire une dépendance. Internet est ainsi le support privilégié de plusieurs formes d’addictions comportementales surtout dans trois domaines :

  • les jeux en ligne,
  • la communication en ligne, dont les « chats »,
  • les sites de sexe et pornographie.

La cyberdépendance s’installe dès que l’individu veut mais ne peut pas diminuer sa pratique. Cela se manifeste par une perte de contrôle, avec des répercussions négatives sur les relations sociales, les loisirs et les performances scolaires et professionnelles. La santé physique peut aussi être touchée avec des défauts de posture, une alimentation destructurée, des maux de tête, des problèmes de vue.

La dépendance à Internet peut faciliter et entretenir d’autres conduites addictives :

  • La dépendance au travail (workaholisme) : cette addiction amène la personne à ne penser qu’au travail qui devient obsessionnel même pendant les vacances et les week-ends par le biais du travail sur ordinateur et en connexion Internet. Le dépendant au travail est dans un processus de toujours en faire plus, ce qui peut l’entraîner à sacrifier son alimentation, son sommeil, son entourage et ses loisirs. Il se met ainsi dans une situation de stress, surmenage, épuisement professionnel entraînant irritabilité, pression voire harcèlement professionnel pour ses collaborateurs.
  • L’achat compulsif : ce comportement permanent ou intermittent,est caractérisé par une irrésistible envie d’acheter. L’individu ressent une tension avant le comportement d’achat qui disparaît dès les achats réalisés. Internet offre une grande facilité pour effectuer des achats en direct.
  • Les addictions sexuelles : ces comportements sexuels compulsifs et l’hypersexualité sont des troubles caractérisés par un désordre du contrôle des impulsions. Pour le cybernaute présentant un comportement de ce type, l’univers sans barrières et sans limites d’Internet lui offre le choix et la possibilité d’accéder librement à ses pulsions et à ses fantasmes les plus intimes.

Les conduites problématiques de jeux de hasard et d’argent

Quatre types de joueurs peuvent être définis :

Le joueur occasionnel : joue pour son agrément et peut sortir du jeu à tout moment. Ce joueur ne ressent pas le besoin de jouer et se fixe souvent un montant pour ses mises. Le jeu n’est pas l’unique centre d’intérêt, et n’entrave pas les tâches de la vie courante.

Le joueur professionnel : tire ses revenus de cette activité. L’approche du jeu est logique et calculée, avec une estimation du gain et de la perte. Ces joueurs savent s’arrêter pour éviter les pertes excessives.

Le joueur « compulsif » : joue sans « contrôle » et n’arrête le jeu que lorsque tout l’argent disponible est dépensé.

Le joueur pathologique : comme le joueur compulsif, il a de grandes difficultés à arrêter une séquence de jeu. Cependant ce joueur recommencera toujours à jouer, sans tenir compte des réalités financières et sociales.

On estime que 600 000 à 1 800 000* Français seraient dans la situation de jeu problématique, voire pathologique. Les répercussions psychosociales peuvent être importantes pour le joueur dépendant : endettement, désinsertion, dépression, difficultés relationnelles…

Les pratiques à risque des jeux vidéo

Avec l’évolution de l’offre de jeux vidéo qui se veut plus créative, conviviale et interactive, qu’ils soient sur console, ordinateur, en réseau sur Internet ou sur téléphone portable, leur pratique s’élargit à un public plus âgé et qui se féminise. Les joueurs y trouvent non seulement une source de divertissement, mais aussi de plus en plus de possibilités d’échanges et de socialisation. Ces pratiques peuvent cependant devenir problématiques lorsqu’elles deviennent de plus en plus envahissantes. Elles peuvent affecter le sommeil et les rythmes alimentaires et peuvent aller jusqu’à rompre les liens sociaux du joueur avec son environnement scolaire, familial, professionnel.

Les pratiques sportives à risque

Les comportements excessifs dans la pratique sportive sont souvent considérés positivement, comme preuve de courage, de motivation, facteur de protection de la santé physique et psychologique… Cependant lorsque l’activité physique passe avant les considérations de la vie de tous les jours cela peut entraîner une dépendance. L’addiction au sport s’installe progressivement lorsque l’individu n’est plus dans l’envie, mais lorsqu’il ressent un besoin compulsif irrépressible de pratiquer son sport, malgré les blessures et les souffrances du corps et les avertissements des médecins. L’addiction à l’exercice physique peut concerner l’ensemble de la population pratiquant une activité physique, quel que soit le niveau.

 

* Source : Centre de Référence sur le Jeu Excessif

Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Mercredi 16 novembre 2011