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Lorsque l’on parle d’addictions, les premières citées sont souvent les toxicomanies, l’alcoolisme ou le tabagisme. Or depuis quelques années, les conduites addictives ne semblent plus limitées à la consommation de drogues. Les addictions comportementales ou addictions sans produit sont de plus en plus prises en compte dans les démarches de santé publique.
Etymologiquement le terme addiction signifie « asservissement par le corps ». L’addiction est définie comme « une conduite qui repose sur une envie répétée et irrépressible malgré la motivation et les efforts du sujet pour s’y soustraire ». Une addiction peut prendre la forme de consommation de substances psycho-actives (alcool, tabac, médicaments, drogues illicites…) ou rester essentiellement comportementale (addiction aux jeux, au travail, achats compulsifs…).
Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Mercredi 16 novembre 2011
Les facteurs pouvant mener à un comportement addictif sont très variables selon les individus et peuvent résulter d’une conjonction de différents déterminants :
Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Mercredi 16 novembre 2011
D’une simple curiosité à la recherche de plaisir ou au besoin de diminuer des tensions, la rencontre entre un individu et un produit ou un comportement, à un instant particulier de sa vie, peut l’entraîner dans un engrenage le rendant « esclave ». Il est quelquefois difficile d’évaluer les limites entre le normal et le pathologique.
Dans une situation de dépendance à un comportement ou un produit, l’individu crée un nouvel équilibre personnel en intégrant l’objet dans sa vie même si cela se fait au détriment d’autres activités et met en danger sa vie sociale ou affective.
Deux types de dépendance sont distingués :
La dépendance physique est spécifique à la consommation de substances. La privation de certains produits psychoactifs (opiacés, tabac, alcool, certains médicaments) engendre un état de manque qui se traduit par certains symptômes physiques qui varient selon le produit (tremblements, convulsions…). Ces symptômes peuvent être accompagnés de troubles du comportement (anxiété, irritabilité, angoisse, agitation…). Le besoin de consommation devient alors irrépressible.
La dépendance psychique est commune à l’ensemble des addictions avec ou sans produit. Elle se subdivise en deux sous-groupes :
On peut voir trois phases dans le comportement de dépendance :
1. Sensation croissante de tension, de mal-être, avant l’apparition du comportement.
2. Soulagement voire plaisir pendant l’accomplissement du comportement.
3. Sensation de perte de contrôle pendant le comportement.
Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Mercredi 16 novembre 2011
Des critères d’addiction applicables à l’ensemble des comportements (avec ou sans produit) ont été proposés en 1990 par Aviel Goodman (psychiatre américain) : - Impossibilité de résister aux impulsions à réaliser ce type de comportement. - Sensation croissante de tension précédant immédiatement le début du comportement. - Plaisir ou soulagement pendant sa durée. - Sensation de perte de contrôle pendant le comportement. - Présence d’au moins cinq des neuf sous-critères suivants :
Certains éléments du syndrome ont duré plus d’un mois ou se sont répétés pendant une période plus longue. Ces critères d’addiction montrent que ce n’est pas le produit qui définit l’addiction mais le rapport qu’entretient la personne avec ce produit dans son contexte socio-environnemental. Le concept d’addiction initialement associé aux toxicomanies, à l’alcoolisme ou au tabagisme s’élargit à d’autres conduites comme le jeu pathologique, les achats compulsifs, la cyberdépendance, la sexualité…
Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Mercredi 16 novembre 2011
Que ce soit dans le cadre professionnel ou privé, Internet est devenu un outil quotidien pour grand nombre de personnes qui l’utilise pour s’informer, communiquer, se distraire... Mais son accès immédiat et illimité, l’anonymat d’utilisation et toutes les possibilités offertes par cet outil peuvent dans certains cas induire une dépendance. Internet est ainsi le support privilégié de plusieurs formes d’addictions comportementales surtout dans trois domaines :
La cyberdépendance s’installe dès que l’individu veut mais ne peut pas diminuer sa pratique. Cela se manifeste par une perte de contrôle, avec des répercussions négatives sur les relations sociales, les loisirs et les performances scolaires et professionnelles. La santé physique peut aussi être touchée avec des défauts de posture, une alimentation destructurée, des maux de tête, des problèmes de vue.
La dépendance à Internet peut faciliter et entretenir d’autres conduites addictives :
Quatre types de joueurs peuvent être définis :
Le joueur occasionnel : joue pour son agrément et peut sortir du jeu à tout moment. Ce joueur ne ressent pas le besoin de jouer et se fixe souvent un montant pour ses mises. Le jeu n’est pas l’unique centre d’intérêt, et n’entrave pas les tâches de la vie courante.
Le joueur professionnel : tire ses revenus de cette activité. L’approche du jeu est logique et calculée, avec une estimation du gain et de la perte. Ces joueurs savent s’arrêter pour éviter les pertes excessives.
Le joueur « compulsif » : joue sans « contrôle » et n’arrête le jeu que lorsque tout l’argent disponible est dépensé.
Le joueur pathologique : comme le joueur compulsif, il a de grandes difficultés à arrêter une séquence de jeu. Cependant ce joueur recommencera toujours à jouer, sans tenir compte des réalités financières et sociales.
On estime que 600 000 à 1 800 000* Français seraient dans la situation de jeu problématique, voire pathologique. Les répercussions psychosociales peuvent être importantes pour le joueur dépendant : endettement, désinsertion, dépression, difficultés relationnelles…
Les pratiques à risque des jeux vidéo
Avec l’évolution de l’offre de jeux vidéo qui se veut plus créative, conviviale et interactive, qu’ils soient sur console, ordinateur, en réseau sur Internet ou sur téléphone portable, leur pratique s’élargit à un public plus âgé et qui se féminise. Les joueurs y trouvent non seulement une source de divertissement, mais aussi de plus en plus de possibilités d’échanges et de socialisation. Ces pratiques peuvent cependant devenir problématiques lorsqu’elles deviennent de plus en plus envahissantes. Elles peuvent affecter le sommeil et les rythmes alimentaires et peuvent aller jusqu’à rompre les liens sociaux du joueur avec son environnement scolaire, familial, professionnel.
Les pratiques sportives à risque
Les comportements excessifs dans la pratique sportive sont souvent considérés positivement, comme preuve de courage, de motivation, facteur de protection de la santé physique et psychologique… Cependant lorsque l’activité physique passe avant les considérations de la vie de tous les jours cela peut entraîner une dépendance. L’addiction au sport s’installe progressivement lorsque l’individu n’est plus dans l’envie, mais lorsqu’il ressent un besoin compulsif irrépressible de pratiquer son sport, malgré les blessures et les souffrances du corps et les avertissements des médecins. L’addiction à l’exercice physique peut concerner l’ensemble de la population pratiquant une activité physique, quel que soit le niveau.
* Source : Centre de Référence sur le Jeu Excessif
Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Mercredi 16 novembre 2011