À l’heure actuelle, la question de notre relation avec les médicaments se pose avec insistance. La récente affaire du Mediator a révélé certaines failles dans le système de surveillance des médicaments, ce qui n’a pas manqué de susciter une certaine méfiance envers les autorités de contrôle et le Gouvernement (65 % des Français ne font pas confiance aux pouvoirs publics pour éviter qu’une telle affaire se reproduise, selon un sondage TNS-Sofres). On a notamment pointé du doigt la pression exercée par les groupes pharmaceutiques sur celles-ci.
Mais cette influence s’exerce également à d’autres niveaux, sur les médecins, les pharmaciens et les consommateurs. En témoigne le faible développement des génériques et le nombre restreint d’ordonnances rédigées en DCI. Les consommateurs ont pourtant un rôle à jouer en faveur du bon usage du médicament. Nous pourrions d’abord en finir avec cette fâcheuse tendance à juger la qualité d’un médecin à la longueur de l’ordonnance qu’il délivre, les deux choses n’ayant bien sûr rien à voir. Nous pourrions avoir pour critère de choix le principe actif d’un médicament, et non son goût, sa marque ou la couleur de son emballage. Le marché des génériques s’en trouverait certainement avantagé, de même que notre système de protection sociale. Nous pourrions également comparer les prix d’une pharmacie à l’autre, ce que nous ne faisons généralement pas. Enfin, nous pourrions parfois envisager de nous passer de médicaments, lorsque notre nez coule par exemple. Dans ce cas, les remèdes naturels, comme une décoction de plantes, peuvent parfois nous éviter les effets indésirables inhérents aux médicaments. Car ceux-ci peuvent être plus ou moins efficaces, plus ou moins coûteux, ils ne sont jamais anodins.
Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Mercredi 13 avril 2011