Harmonie Mutuelle

Les médicaments



Le marché des médicaments est loin d’être simple, au sens où de nombreuses distinctions coexistent. Ainsi, un médicament prescrit par votre médecin n’est pas forcément remboursé, un autre disponible en automédication peut pourtant apparaître sur votre ordonnance…

La prescription médicale


C’est un acte médical majeur régi par le code de la Sécurité sociale, le code de la santé publique et le code de la déontologie médicale. Elle n’a rien de systématique, et même si la France a une histoire d’amour avec les médicaments, une ordonnance interminable ne garantit en rien la qualité d’un médecin, c’est parfois le contraire. Si votre maladie requiert un traitement médicamenteux, vous présenterez votre ordonnance en pharmacie. Là, plusieurs cas peuvent survenir. Le médicament prescrit est remboursable, cela signifie que la Sécurité sociale le juge suffisamment efficace et participe à son achat dans des proportions variables. Mais le médicament prescrit peut aussi être non remboursable, auquel cas vous devrez le payer de votre poche. Il peut s’agir d’un médicament disponible en vente libre, du paracétamol par exemple, dont la présence sur l’ordonnance vous permet d’être remboursé. Enfin, la prescription peut comporter le nom d’un médicament pour lequel il existe un générique.


 Sources

- AFSSAPS, Le médicament, Memento 2010
- AFSSAPS, site web (ansm.sante.fr depuis 2012)
- TNS-Sofres – Questions d’actualité du 20 janvier 2011
- 60 millions de consommateurs, Le bon usage du médicament, juin-juillet-août 2007

Auteur(s) : Clément GILBERT, journaliste
Dernière modification : Mercredi 13 avril 2011

Le rôle du générique


Lorsque le brevet d’un médicament arrive à échéance, en général au bout de quinze ans, son générique peut être élaboré. Selon l’article L5121-1 du code de la santé publique, ce dernier doit avoir la même composition qualitative et quantitative en principes actifs et la même forme pharmaceutique. Il doit de plus être bioéquivalent, c’est-à-dire avoir une diffusion similaire dans l’organisme. Tout comme son modèle, le générique ne peut être commercialisé sans autorisation de mise sur le marché délivrée par l’AFSSAPS. Il n’est pas pour autant une copie conforme puisqu’il peut contenir des excipients et des adjuvants différents.

Un pharmacien est en général tenu, notamment par un système de quotas, de vous proposer le générique du médicament prescrit lorsqu’il existe. Il peut toutefois se soustraire à cette obligation dans certains cas, si le générique contient un excipient auquel le patient est allergique par exemple. De son côté, le patient est en droit de ne pas accepter la substitution mais il sera alors moins bien remboursé et le tiers payant peut lui être refusé. Quant au médecin, il peut lui aussi s’opposer à ce remplacement en écrivant en toutes lettres « non-substituable » devant le médicament concerné. Cependant, le code de la santé publique précise que dans ce cas, le professionnel de santé doit être en mesure de justifier son refus. Les génériques, parce qu’ils partent d’un modèle existant, sont moins chers à produire, donc moins coûteux, c’est pourquoi leur développement est essentiel pour la Sécurité sociale.

Auteur(s) : Clément GILBERT, journaliste
Dernière modification : Mercredi 13 avril 2011

L'automédication


L’automédication a été définie par l’ordre des médecins comme « l’utilisation, hors prescription médicale, par des personnes pour elles-mêmes ou pour leurs proches et de leur propre initiative, de médicaments considérés comme tels et ayant reçu l’AMM, avec la possibilité d’assistance et de conseils de la part des pharmaciens ». Plus concrètement, cette démarche vise les problèmes assez bénins et facilement identifiables, un rhume par exemple, qui peuvent être solutionnés par la prise d’un médicament à prescription médicale facultative (PMF). Dans cette catégorie, les plus vendus sont les anti-douleurs ou anti-fièvre (paracétamol, ibuprofène…), les « anti-état grippal » et certains substituts nicotiniques. Bien entendu, le préfixe auto ne signifie pas qu’on est seul à choisir, le pharmacien tient là un rôle de conseil très important, surtout si le problème concerne un enfant par exemple.

En France, le marché de l’automédication éprouve de grandes difficultés à se développer pour plusieurs raisons. D’une part, cette démarche n’est pas encore rentrée dans la mentalité, si bien que la peur de ne pas bien cerner le problème et de ne pas prendre le bon remède nous pousse à aller voir un médecin, même en cas de mal bénin clairement identifié. D’autre part, beaucoup de médicaments à PMF sont encore remboursables lorsqu’ils sont prescrits, ce qui incite les patients à passer par la case médecin, allant ainsi à l’encontre du principe même de l’automédication.

Auteur(s) : Clément GILBERT, journaliste
Dernière modification : Mercredi 13 avril 2011

Le médicament et nous


À l’heure actuelle, la question de notre relation avec les médicaments se pose avec insistance. La récente affaire du Mediator a révélé certaines failles dans le système de surveillance des médicaments, ce qui n’a pas manqué de susciter une certaine méfiance envers les autorités de contrôle et le Gouvernement (65 % des Français ne font pas confiance aux pouvoirs publics pour éviter qu’une telle affaire se reproduise, selon un sondage TNS-Sofres). On a notamment pointé du doigt la pression exercée par les groupes pharmaceutiques sur celles-ci.

Mais cette influence s’exerce également à d’autres niveaux, sur les médecins, les pharmaciens et les consommateurs. En témoigne le faible développement des génériques et le nombre restreint d’ordonnances rédigées en DCI. Les consommateurs ont pourtant un rôle à jouer en faveur du bon usage du médicament. Nous pourrions d’abord en finir avec cette fâcheuse tendance à juger la qualité d’un médecin à la longueur de l’ordonnance qu’il délivre, les deux choses n’ayant bien sûr rien à voir. Nous pourrions avoir pour critère de choix le principe actif d’un médicament, et non son goût, sa marque ou la couleur de son emballage. Le marché des génériques s’en trouverait certainement avantagé, de même que notre système de protection sociale. Nous pourrions également comparer les prix d’une pharmacie à l’autre, ce que nous ne faisons généralement pas. Enfin, nous pourrions parfois envisager de nous passer de médicaments, lorsque notre nez coule par exemple. Dans ce cas, les remèdes naturels, comme une décoction de plantes, peuvent parfois nous éviter les effets indésirables inhérents aux médicaments. Car ceux-ci peuvent être plus ou moins efficaces, plus ou moins coûteux, ils ne sont jamais anodins.

Auteur(s) : Clément GILBERT, journaliste
Dernière modification : Mercredi 13 avril 2011

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