Harmonie Mutuelle

Vue



L'œil est souvent comparé à un appareil-photo, un parallèle particulièrement pertinent dans notre société dite « de l’image ». Et tout comme cet objet, l’œil est fragile, il peut se détériorer faute de soins. Mais s’il ne peut être entièrement remplacé, il peut parfois être réparé. Voyage au centre de l’œil.

Schéma de l'œil

Notre œil possède deux lentilles. La première, la cornée, est une sorte de téléobjectif qui conduit l’image captée jusqu’à la pellicule (ou la carte mémoire), la rétine. La deuxième, le cristallin, permet la mise au point et la focalisation.
Une fois captée, l’image est transmise au cerveau sous forme d’influx nerveux. Ce n’est que là qu’elle sera regardée, et qu’elle suscitera alors nos réactions de « photographe ». Lorsque l’appareil est bien réglé, propre, comme neuf, l’image captée est parfaite, de près comme de loin. Mais l’opacification du cristallin, la dégénérescence de la partie centrale de la rétine (macula) ou la diminution de l’accommodation peuvent bouleverser la captation des images.




 Sources

- Guides d’information ASNAV (Association Nationale pour l’Amélioration de la Vue)
- Syndicat National des Ophtalmologistes de France (SNOF)
- Clinique de la Vision de Paris (www.cliniquedelavision.com)

Auteur(s) : Clément GILBERT, journaliste
Dernière modification : Mardi 22 novembre 2011

Vision, s'en préoccuper dès la naissance

Les techniques actuelles de correction visuelle, lunettes, lentilles de contact, microchirurgie ou laser, apportent une solution à presque tous les défauts de vision. Mais dans bien des cas, le rôle fondamental est joué par la prévention. Elle concerne toutes les tranches d'âge sans oublier les nourrissons.

C'est seulement vers 5-6 ans que la qualité de la vision chez l'enfant devient comparable à celle de l'adulte. Les affections visuelles peuvent s'aggraver avec l'âge, mais aussi être corrigées et parfois rééduquées si elles sont identifiées suffisamment tôt. C’est bien tout l’intérêt d’un dépistage précoce. Les yeux de nos chères têtes blondes sont à surveiller dès le berceau : le dépistage des anomalies de la vue fait partie des examens obligatoires dès les 4e et 9e mois, et ce n’est pas un hasard !

Le strabisme est sans aucun doute le défaut de développement visuel le plus fréquent. Il touche environ 4 % des enfants, sans discrimination de sexe. S'il peut être normal que le bébé louche par intermittence, une paresse persistante de l'un ou des deux yeux ne doit jamais être banalisée. D'autant qu'une diminution de l'acuité visuelle, ou amblyopie, lui est associée dans la moitié des cas.

« On récupère l'amblyopie en bas âge à 95 %. Après 2 ans, le traitement sera plus long et la récupération d'une vision correcte plus difficile. À partir de 5-6 ans, malheureusement, elle ne se corrige pratiquement plus », souligne le professeur Jean-Luc George, chef du service ophtalmologique au CHU de Nancy-Brabois.

Hérédité

Comment se rendre compte à temps d'éventuels troubles du comportement visuel des tout-petits ? Par une certaine fixité du regard, un manque d'intérêt pour les visages ou les objets qui entourent le nourrisson. Ils peuvent aussi être atteints de myopie, d'hypermétropie ou d'astigmatisme, autant d'anomalies souvent héréditaires.

En deux mots, la myopie c'est le fait d'avoir l'œil trop long. Ses caractéristiques : vision de près très bonne, vision de loin floue. La myopie simple, dite scolaire, débute entre 7 et 14 ans et évolue pendant 4 ou 5 années avant de se stabiliser. La myopie-maladie, quant à elle, débute plus tôt dans l'enfance. Dans les myopies fortes, d'autres complications sont à craindre qui peuvent conduire à la perte irrémédiable de la vision centrale et à la cécité.

L'hypermétropie, c'est le défaut inverse, l'œil est trop court, la vision de loin est bonne contrairement à la vision de près. Seul un effort d'accommodation, qui augmente la puissance de convergence du cristallin, permet au sujet jeune de voir net, au risque d'une fatigue visuelle, de maux de tête, voire du développement d'un strabisme.

Le terme mystérieux d'astigmatisme signifie que l'œil n'a pas des caractéristiques uniformes dans la focalisation des images (action de faire converger les rayons lumineux vers la rétine). Ainsi, les lignes verticales peuvent être vues floues alors que les horizontales sont à l'inverse nettes.

Reste la presbytie qui apparaît vers 45 ans et se traduit par une diminution de l'amplitude d'accommodation lors de la vision de près.


 Sources

- Pr Jean-Luc George, chef du service ophtalmologique au CHU de Nancy-Brabois

Auteur(s) : Dr Daniel GLOAGUEN, journaliste
Dernière modification : Mardi 19 juin 2012

Quand la vue baisse avec l'âge

La fonction visuelle est au meilleur de sa forme entre 10 et 15 ans, puis progressivement, la puissance d'accommodation diminue. L'altération de la vision s'accélère ensuite après 40 ans. En cause, le vieillissement. Explications.

« La défaillance oculaire annonce le vieillissement et non la vieillesse » insistent les ophtalmologistes lorsqu'ils accueillent des patients qui ont dépassé la quarantaine. À partir de 40 ans, la baisse progressive de la vision est la plupart du temps en rapport avec une hypermétropie, une presbytie ou une opacification lente du cristallin (ou cataracte). Ces trois anomalies peuvent être associées, ce qui aggrave la gêne visuelle. Enfin, il s'agit rarement d'une myopie. Cette dernière apparaît le plus souvent pendant l'enfance ou l'adolescence où elle est alors dépistée précocement.

Attention danger

Certes la vision s'altère avec l'âge, et plus ou moins vite selon les individus, mais une diminution brutale de l'acuité visuelle doit faire l'objet d'un examen des yeux en urgence pour rechercher l'éventualité d'un glaucome ou d'une maladie de la rétine (décollement de la rétine, dégénérescence maculaire…) du nerf optique qui réclament chacun un traitement urgent bien spécifique. N'hésitez pas à consulter rapidement un spécialiste.

Baisse de vue et conduite nocturne

Après 40 ans, un bon nombre d'individus perdent 20 à 25 % de leur acuité visuelle nocturne. D'où la nécessité d'être extrêmement vigilant au volant et de respecter les distances de sécurité (au minimum 80 mètres) et de porter des lunettes si besoin. La voiture qui vous devance n'est peut être pas aussi loin qu'il vous paraît.


 Sources

- Hervé Périn, opticien diplômé d’état

Auteur(s) : Frédéric LECOMPTE et Dr Daniel GLOAGUEN, journalistes
Dernière modification : Mardi 19 juin 2012

L'orthoptie, du bébé à la personne âgée

Strabisme, fatigue visuelle, presbytie, malvoyance... l'orthoptiste corrige les anomalies et aide à mieux utiliser sa vision. Qui sont ces rééducateurs des troubles de la vue, quel est leur champ d'activité, leur mode d'exercice ? Le point sur cette discipline paramédicale qui prend soin de nos yeux.

Qu'est-ce que l'orthoptie ?

Vous avez mal à la tête le soir après votre journée de travail sur écran d'ordinateur, votre bébé semble loucher, vous êtes malvoyant, vous n'arrivez pas à vous habituer aux verres progressifs... l'orthoptie (ou orthopsie) peut vous aider. Du grec orthos (droit) et opsie (voir), cette profession paramédicale aide à « voir droit ». Ses indications sont nombreuses et variées. Et elles vont en augmentant dans notre société très sollicitée sur le plan visuel. Dès l'âge de six mois, un enfant atteint de strabisme peut bénéficier d'une rééducation par un orthoptiste. Quand un œil est dévié, les deux yeux ne savent plus regarder ensemble. Ils ne sont plus coordonnés. Pourtant, comme nous percevons une image unique, il faut l'accord parfait entre nos deux yeux pour ne pas voir flou. Les yeux doivent dans toutes les positions du regard se diriger dans la même direction afin que la superposition des deux images au niveau du cerveau soit parfaite. L'orthoptie réapprend aux deux yeux à fonctionner normalement dans un premier temps, puis ensemble dans un deuxième temps. Mais les déviations des axes oculaires sont difficiles à corriger. Le traitement peut durer plusieurs années. Parfois, une intervention chirurgicale est nécessaire.

Corriger les anomalies

La fatigue, le stress, la fixation prolongée d'écrans vidéo, les traitements antidépresseurs peuvent majorer des anomalies de la coordination des deux yeux. Résultat : maux de têtes (induits par l'effort demandé aux muscles des yeux pour ne pas voir double), puis gêne oculaire (rougeurs, yeux qui piquent, troubles de la lecture). La rééducation orthoptique permet de corriger ces problèmes d'adaptation. Différents exercices sont pratiqués : bâtonnets à suivre du regard, dessins imprimés sur des feuilles à superposer en les approchant des yeux, etc. Le but est de jouer sur l'élasticité musculaire pour renforcer un réflexe et une coordination entre les deux yeux. L'orthoptiste aide aussi le presbyte qui voit le monde tanguer à travers ses verres progressifs. Pas toujours facile de s'adapter à ses nouvelles lunettes ! Neuf fois sur dix, l'orthoptie permet de s'y adapter en douceur.

Mieux utiliser sa vision

L'orthoptiste est aussi le rééducateur de la malvoyance. Le glaucome, le diabète, des maladies vasculaires et neurologiques et surtout la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l'âge) peuvent provoquer une perte de la vision. L'atteinte visuelle peut aussi être d'origine héréditaire comme la rétinite pigmentaire. Dans ces différentes maladies, même faible la vision existe encore. Les personnes malvoyantes peuvent développer leurs capacités visuelles et apprendre à les utiliser au mieux. La rééducation basse-vision, concept encore mal connu, est une aide précieuse. Elle apprend non pas à revoir comme avant mais à voir autrement. Il existe des centres de rééducation et des hôpitaux où des équipes pluridisciplinaires sont spécialisées en basse-vision. L'orthoptiste travaille alors en équipe avec un ophtalmologiste, un opticien, un ergothérapeute, un instructeur en locomotion et un psychologue.


 Sources

- Monsieur Hervé Périn, opticien diplômé d’état

Auteur(s) : Emmanuelle BILLON-BERNHEIM, journaliste
Dernière modification : Mardi 19 juin 2012

L'écran et les yeux

Contrairement aux idées reçues, travailler toute la journée sur un écran ou regarder la télévision ne provoque pas de troubles de la vue. En revanche, cela les amplifie et une myopie peu gênante peut alors poser de gros problèmes. Par ailleurs, les personnes travaillant beaucoup sur écran évoquent également des maux de tête et surtout de la fatigue. En effet, lorsque notre regard est fixé sur un écran, nous clignons moins des yeux, nous sécrétons donc moins de larmes, ce qui entraîne une sécheresse oculaire et une sensation de fatigue.

Voici quelques conseils pour le confort de vos yeux lorsque vous travaillez sur écran :

  • le bon emplacement : l’écran doit être placé perpendiculairement à la fenêtre, afin d’éviter que la lumière du jour ne l’éclaire, ce qui diminue la netteté des caractères et la qualité du contraste. À l’inverse, mieux vaut ne pas placer l’écran dos à la fenêtre, cela obligerait nos yeux à jongler perpétuellement avec deux luminosités différentes, celle du dehors et celle de l’écran, et la fatigue oculaire s’en trouverait accentuée ;
  • une lumière atténuée : la luminosité doit être inférieure à celle nécessaire pour la lecture d’un document papier. Si cela est possible, diminuez au maximum la lumière ambiante et utilisez une lampe orientable pour lire vos documents ;
  • un écran bien réglé : il doit être à la bonne hauteur (haut du front au niveau du haut de l’écran), à la bonne distance (entre 50 et 70 cm), dépoussiéré et pas trop lumineux ;
  • d’une manière générale, essayez de faire des pauses « oculaires », idéalement 15 minutes toutes les heures, et hydratez régulièrement vos yeux avec des gouttes.

 Sources

- Guides d’information ASNAV (Association Nationale pour l’Amélioration de la Vue)
- Syndicat National des Ophtalmologistes de France (SNOF)
- Clinique de la Vision de Paris (www.cliniquedelavision.com)

Auteur(s) : Clément GILBERT, journaliste
Dernière modification : Lundi 26 juillet 2010

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