La légionellose

Légionellose


Surnommée la maladie du légionnaire, la légionellose n'a rien d'une maladie exotique "réservée aux militaires" en mission. Elle est au contraire plutôt civile, urbaine même, et récente puisqu'elle se propage volontiers à travers les appareils moderne de climatisation, de chauffage et de refroidissement.

Origine de la maladie

La légionellose est une infection respiratoire provoquée par des bactéries du genre Legionella. Elle a été reconnue pour la première fois en 1976 à l’occasion d’une épidémie survenue à Philadelphie lors d’un congrès d’anciens combattants de l’armée des USA, d’où le nom de "maladie du légionnaire". Plus de 1 200 cas de légionellose sont recensés chaque année, parfois sans complications, mais parfois mortels (11% de décès en 2009).
La légionellose n’est pas une maladie contagieuse d’une personne à une autre. Elle est contractée par voie respiratoire. Il existe plus de 50 espèces de souches de légionelles mais seulement quelques-unes d’entre elles sont à l’origine d’infections humaines. Les souches le plus couramment associées à la légionellose en France sont les légionelles pneumophila.*

Une bactérie aquatique

La Legionella est une bactérie présente dans l'eau douce ou les sols imbibés d'eau, milieu dans lequel elle peut survivre plusieurs mois et même se multiplier s'il s'y trouve des algues ou des matières organiques.
Bien que la Legionella soit aquatique, elle n’entraîne la légionellose que lorsqu’elle est inhalée ou aspirée. Elle peut en effet se développer dans les installations ayant une température d’eau entre 25 °C et 42 °C (tours aéroréfrigirantes, grands réseaux d’eau chaude sanitaire...) à partir desquelles elle est diffusée dans l’air via la climatisation, la pomme de douche, la vapeur d’eau (jacuzzi, sauna), les humidifi cateurs... C’est pourquoi la légionellose survient souvent dans les ensembles équipés de gros systèmes de conditionnement d’air, comme les hôtels, les hôpitaux, les immeubles.

* Source : www.santé.gouv.fr

Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Mardi 31 janvier 2012

Manifestations de la maladie

La légionellose est une pneumonie dont la gravité est très variable, de bénigne à mortelle. Dans les premiers jours, elle se manifeste surtout par de la fatigue, des douleurs musculaires, une toux sèche, des maux de tête et une fièvre modérée qui va s’élever progressivement vers 39-40 °C. Par la suite, on peut également observer des diarrhées, des nausées, des vomissements, des douleurs thoraciques et une toux qui se fait grasse et produit parfois du sang. Certains troubles neurologiques peuvent aussi faire leur apparition, comme la confusion, les pertes de mémoire, les hallucinations...
Enfin, la légionellose peut entraîner des complications, notamment des insuffi sances respiratoires ou rénales. Elle s’avère mortelle dans 10 % des cas en moyenne.

La fièvre de Pontiac
La légionellose ne représente que 5 % des cas d’infection à la bactérie Legionella. Le plus souvent, c’est une maladie bénigne, la fièvre de Pontiac, qui se déclare. Elle se traduit par des symptômes assez similaires à ceux d’une grippe (fièvre, frissons, douleurs musculaires, maux de tête…) et se guérit sans traitement particulier en 2 à 5 jours.

Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Jeudi 17 novembre 2011

Diagnostic et traitement

La première étape du diagnostic consiste à confirmer la pneumonie à l’aide d’une radio. Lorsqu’on soupçonne une légionellose, en présence de diarrhées ou de troubles neurologiques par exemples, on procède à des analyses complémentaires (recherche d’antigènes dans les urines, mise en culture de prélèvements pulmonaires, électrophorèse en champ pulsé) qui permettront de confirmer le diagnostic. Cette étape est particulièrement importante pour plusieurs raisons. D’une part, du fait de son caractère « épidémique », la légionellose fait partie des 26 maladies à déclaration obligatoire, il est donc nécessaire de bien cerner le problème avant de le notifier. Ensuite, le choix du traitement pour une pneumonie comporte toujours une part d’incertitude qu’on cherche à restreindre le plus possible.

La solution antibiotique
Comme l’a longtemps souligné une campagne de l’Assurance maladie, « les antibiotiques, ce n’est pas automatique ». Cela est vrai pour de nombreuses maladies, mais pas pour la légionellose pour laquelle c’est le seul remède. Le traitement dure généralement entre 14 et 21 jours mais il peut être plus long d’un mois dans les cas particulièrement graves ou pour les personnes dont le système immunitaire est affaibli, qui sont aussi les plus susceptibles de contracter la légionellose.
En effet, même si tout le monde peut en principe être exposé à la légionellose, elle aura plus tendance à se développer chez les personnes fragilisées : les fumeurs et les personnes souffrant d’une maladie respiratoire, celles atteintes d’une maladie des reins chronique, du diabète, d’un cancer, les transplantés, les « consommateurs » de corticostéroïdes, les personnes âgées... Par ailleurs, les métiers liés à l’entretien des gros systèmes de conditionnement d’air augmentent le risque d’exposition, même si le fait d’être en contact avec la bactérie n’entraîne pas forcément la maladie. D’une manière générale, la légionellose se développe rarement chez les moins de 20 ans.

Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Jeudi 17 novembre 2011

Prévention

La légionellose n’est pas sans poser des problèmes en matière de maîtrise des risques d’exposition, notamment parce qu’elle peut se propager rapidement à un grand nombre de personnes de manière inattendue. C’est pourquoi la prévention de cette maladie repose principalement sur la surveillance, la conception et l’entretien des installations d’eau susceptibles d’accueillir la bactérie.
Le plan d’action de prévention des légionelloses 2004-2008 mis en place par le Gouvernement prévoyait ainsi :

  • Pour les tours aéroréfrigirantes, principal vecteur de légionellose : le recensement et l’instauration de l’obligation de déclaration, de nouvelles prescriptions techniques, un guide des bonnes pratiques d’entretien et de maintenance à l’usage des professionnels concernés et une augmentation du nombre de contrôles.
  • Pour les circuits d’eau chaude sanitaire : des prescriptions techniques portant notamment sur la température de l’eau chaude sanitaire et la maintenance des réseaux intérieurs d’immeubles, plusieurs guides destinés aux hôpitaux et au secteur du tourisme.
  • Pour les établissements de soins thermaux : un taux de concentration des microorganismes (dont la Legionella) dans l’eau minérale naturelle utilisée dans le cadre de soins thérapeutiques fixé à zéro. Afin de soutenir la mise en oeuvre de ce plan auprès des professionnels et organismes concernés, les ministères impliqués et l’AFNOR (opérateur central du système de normalisation français) ont créé en 2007 une plateforme Risques Légionellose (www.legionelle.afnor.org/). Au niveau des particuliers, la prévention consiste surtout à limiter les risques d’exposition en veillant à l’entretien régulier, au nettoyage et à la désinfection des humidifi cateurs, pommes de douche, bains tourbillon (jacuzzi) et cuves thermales, en luttant contre l’entartrage et la corrosion des éléments de robinetterie. L’arrêt du tabac et l’application de certaines règles d’hygiène, comme le lavage de mains, permetent par ailleurs de réduire le risque de contracter la légionellose.

Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Jeudi 17 novembre 2011