Le cancer

Redouté, fui ou ignoré, le cancer est la pire des maladies pour une majorité des français, malgré des dépistages de plus en plus précoces, des traitements de plus en plus efficaces et des avancées scientifiques majeures. Mais au-delà de l'aspect médical, c'est aussi un long combat où le soutien des proches revêt une importance considérable.

Origine

Le cancer est une maladie susceptible de toucher aussi bien un organe qu’un os, le sang, la peau… Il existe ainsi plus de 100 types de cancers différents, dont les plus courants peuvent être regroupés dans quatre grandes catégories en fonction de leur origine :

  • Carcinomes : ils naissent sur le tissu (interne ou externe) d’un organe ou sur la surface du corps. Ils regroupent les cancers du poumon, du sein, de la peau, du côlon… soit environ 85 % des cancers.
  • Leucémies : elles affectent les cellules de la moelle osseuse qui produisent les cellules sanguines, c’est pourquoi on parle souvent de cancer du sang.
  • Lymphomes : ils concernent le système lymphatique, qui joue notamment un rôle dans la défense de l’organisme (système immunitaire).
  •  Sarcomes : ils affectent les tissus conjonctifs ou « de soutien » qui protègent les organes. Ce sont les os, les cartilages, les muscles, les graisses…

Le développement d’un cancer se déroule en quatre temps. Au départ, des cellules normales se divisent plus rapidement que prévu, soit parce que les oncogènes (« régisseurs » de la division et du développement des cellules) sont activés au mauvais moment, soit parce que les gènes suppresseurs de tumeurs chargés de stopper le processus de division n’entrent pas en action. Cela entraîne donc une augmentation anormale du nombre total de cellules, c’est l’hyperplasie à laquelle succède la dysplasie, c’est-à-dire la déformation  des cellules « en trop ». Celles-ci forment une masse nommée « tumeur primitive » qui va écraser les cellules normales et les envahir. C’est l’invasion. Dans le dernier stade de développement, les cellules cancéreuses trouvent le moyen de se rendre dans d’autres parties du corps où elles recommencent à se diviser pour envahir leurs nouvelles voisines, c’est la métastase. La maladie ne passe pas forcément par tous ces stades car tout dépend des caractéristiques de la tumeur et du moment où elle est détectée et prise en charge.

Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Lundi 30 janvier 2012

Facteurs de risque

Difficile de répondre clairement à la question de la cause d’un cancer car il n’y en pas de réellement identifiée, seuls restent les facteurs de risque. Parmi ceux-ci, l’hérédité est souvent citée mais elle ne représente en réalité que 10 % des cancers. Plus qu’une histoire de gènes héréditaires, le cancer est généralement la conséquence de mutations génétiques qui peuvent découler de nombreux facteurs :

  • Le tabagisme : on pense bien évidemment au cancer du poumon mais cela peut aussi augmenter le risque de cancer de la bouche, du larynx, de l’oesophage, de la vessie ou encore du col de l’utérus.
  • Les substances chimiques : colorants industriels, amiante, plomb, asbestos, benzène sont autant de facteurs de risque…
  • Rayonnement ionisant : on sait qu’il existe un lien mais on ignore encore à partir de quelle « dose » le rayonnement exerce une influence.
  • Les virus : le virus de l’immunodéficience humaine (VIH, responsable du sida) affaiblit  les défenses immunitaires et peut augmenter le risque de lymphome, de sarcome ou de cancer du foie. Le papillomavirus ou l’herpès de type 2 (herpès génital) sont aussi associés au cancer du col de l’utérus.
  • Le soleil : une trop grande exposition aux rayons solaires peut entraîner des cancers de la peau : carcinome ou, plus rarement, mélanome.

Parmi ces facteurs de risque, beaucoup sont évitables ou contrôlables. Les campagnes de prévention du risque solaire, des infections sexuellement transmissibles, du tabagisme ou de la pollution intérieure
vont dans ce sens, de même que l’interdiction de l’amiante par exemple. On estime ainsi qu’avec la suppression du tabac, une consommation d’alcool modérée, une bonne protection contre les rayons solaires, une alimentation variée et équilibrée et une activité physique régulière, on peut réduire d’environ 50 % le risque de cancer. Malheureusement, cela ne suffit pas toujours, c’est là qu’intervient le dépistage.

Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Mercredi 23 décembre 2009

Dépistage

Les cancers du sein, du côlon et du rectum, du col de l’utérus font l’objet d’une attention toute particulière, notamment pour certaines catégories de personnes.

  • Cancer du sein : depuis 2004, un dispositif mis en place sur l’ensemble du territoire permet aux femmes de 50 à 74 ans de bénéficier tous les deux ans d’un dépistage du cancer du sein pris en charge à 100 %. Ce programme s’accompagne d’une
    campagne d’information et d’incitation, « Octobre rose », organisée tous les ans au mois d’octobre par l’Institut national du cancer.
  • Cancer colorectal (côlon et rectum) : ce cancer peut être guéri dans une majorité de cas s’il est diagnostiqué tôt. C’est pourquoi un dépistage est proposé aux hommes et femmes de 50 à 74 ans sur tout le territoire. Tous les deux ans, les personnes concernées reçoivent une invitation à venir retirer un test chez leur médecin traitant. Ce dernier détermine si ce test est nécessaire en fonction du dossier. Si c’est le cas, le patient procède à un prélèvement de selles à son domicile et l’envoie au centre de lecture dans l’enveloppe préaffranchie fournie. Les résultats lui sont ensuite envoyés ainsi qu’à son médecin traitant. Ce dépistage est pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie à l’exception de la consultation préalable.
  • Cancer du col de l’utérus : contrairement aux deux cancers précités, le cancer du col de l’utérus ne fait pas l’objet d’un dépistage organisé sur l’ensemble du territoire, il est individuel et réalisé à l’initiative du médecin traitant ou du gynécologue. On recommande cependant à toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans, vaccinées ou non, de se faire dépister tous les trois ans après deux frottis annuels sans anomalie détectée. Il existe par ailleurs un vaccin efficace à 70 % contre les infections par certains types de virus HPV (Human papillomavirus), à l’origine de ce cancer fréquent.

Au-delà de ces dépistages, on parle également de détection précoce pour deux cancers. Le cancer de la peau peut en effet être décelé par un auto-examen régulier de la peau, à l’affût d’un changement dans
les grains de beauté ou de l’apparition de taches pigmentées. En cas de doute, on peut alors demander un avis médical. Pour ce qui est du cancer de la cavité buccale, les chirurgiens-dentistes et tous les professionnels de santé ayant à pratiquer un examen de la bouche ont un rôle important à jouer. Entre prévention, dépistage et détection précoce, de nombreux cancers peuvent ainsi être évités.

Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Vendredi 09 décembre 2011

L'annonce du cancer et le traitement

L’annonce du cancer

Lorsque le cancer survient malgré tout, il bouleverse de manière particulièrement brutale la vie d’une personne mais également celle de sa famille. L’annonce du diagnostic est d’ailleurs souvent vécue comme un coup de tonnerre psychologique. Elle provoque parfois des réactions particulières, comme la sidération(pertede tous ses repères, incapacité à réaliser et réagir) ou le déni (refus d’accepter le diagnostic) qui viennent s’ajouter à une multitude d’émotions différentes pour chacun : angoisse, colère, peur,soulagement de mettre enfin un nom sur ce qu’on sentait ou redoutait, culpabilité car sentiment de ne pas avoir suffisamment pris soin de soi (notamment lorsque le cancer est associé à un comportement évitable comme le tabagisme par exemple)… Par ailleurs, face au choc de la nouvelle, on peut oublier avoir été informé, déformer ce qu’on a entendu ou au contraire répéter sans cesse les informations comme pour tester leur réalité. C’est pourquoi le dispositif d’annonce prévoit généralement un deuxième temps où, grâce au recul, la personne pourra entendre de manière plus sereine les données importantes.

Les principaux traitements

On distingue en général trois principaux traitements du cancer.

  • La chirurgie : utilisée pour la moitié des cancers, elle permet d’enlever les cellules cancéreuses lorsque celles-ci sont bien regroupées. Cette solution n’est souvent plus viable en cas de métastase (propagation).
  • La radiothérapie : elle traite les cancers localisés. Elle peut prendre la forme d’un rayon dirigé sur les cellules cancéreuses, de particules radioactives injectées soit dans le sang, où elles se collent uniquement aux cellules cancéreuses, soit directement dans l’organe touché. Ce traitement est souvent associé à la chirurgie car il permet de réduire la taille de la tumeur avant l’opération ou de compléter celle-ci en détruisant les cellules cancéreuses passées au travers.
  • La chimiothérapie : souvent utilisée en cas de métastase, elle consiste généralement en une combinaison de plusieurs médicaments anticancéreux. Cette solution est celle qui génère le plus d’effets secondaires, dont certains, comme la perte de cheveux, les nausées ou vomissements, la fatigue, la perte d’appétit, sont bien associés au cancer dans l’esprit collectif, parfois à tort à la radiothérapie. Ces effets sont pour la plupart temporaires et ils doivent être considérés en lien avec l’effi cacité de ce type de traitement. Par ailleurs, certains cancers comme le cancer du sein peuvent être ralentis avec des hormones ou des médicaments bloquant l’action hormonale. Enfi n, les progrès de la recherche génétique offrent de plus en plus de solutions, notamment par des interventions au niveau des gènes et des enzymes.

 Le traitement, un combat quotidien

Au cours du traitement, la maladie se fait plus réelle, c’est parfois à ce moment-là que les personnes réalisent qu’elles sont vraiment malades. Un sentiment qui peut être conforté par les effets secondaires, pas systématiques mais fréquents. Le malade peut en effet avoir l’impression que ceux-ci sont le signe d’une aggravation du cancer. D’où l’importance de l’information donnée sur les traitements et leurs suites… Mais le danger existe aussi dans les émotions du malade qui peut perdre l’envie de vivre ou estimer ne pas avoir assez d’énergie pour combattre le cancer. Or la volonté de s’en sortir a une incidence non négligeable sur la réussite du traitement, de même que le soutien des proches. Le soutien d’un psychologue ou d’un psychiatre peut parfois s’avérer nécessaire.
 Entre deux traitements, le patient retourne à son domicile. Si ce moment est généralement bien vécu, du fait du plaisir de retrouver son chez-soi et sa vie, il peut générer de l’anxiété par la perte du sentiment de sécurité donné par l’établissement hospitalier. Le malade ressent souvent une grande fatigue physique et/ou morale et il peut être sujet aux changements d’humeur. Au cours de cette période, il est important de bien garder contact avec son médecin traitant et de discuter avec lui d’un éventuel recours à un service de soins ou d’hospitalisation à domicile (SAD ou HAD).

La fin du traitement

Quand le traitement se termine, le patient peut éprouver une tristesse à se séparer de l’équipe médicale avec laquelle il a passé beaucoup de temps, qui plus est dans une période délicate qui marque le début d’une vie très différente de celle d’avant. Malheureusement, le cancer peut être tenace et le patient ne doit pas ignorer qu’il existe un risque de récidive. C’est un événement violent, difficile à vivre et à accepter, qui est parfois assimilé à l’échec. Pourtant, même un cancer récidivant peut être soigné. Savoir que la récidive existe peut permettre de rebondir, de trouver la force de surmonter de nouvelles épreuves si elle survient. Mais un cancer s’avère parfois incurable et le malade se trouve alors confronté à sa fin. Il peut ne pas l’accepter – c’est alors qu’on retrouve le déni – ou revoir ses priorités de vie (tenir jusqu’à tel événement). Selon les cas, le malade se referme alors sur lui-même, comme pour préparer la fin de toute relation
avec ses proches, ou il se révèle au contraire particulièrement démonstratif. De manière directe ou indirecte, l’entourage du malade joue ainsi un rôle déterminant dans toutes les étapes d’un cancer.

Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Mercredi 23 décembre 2009

L’entourage à l’épreuve

Lorsqu’on est atteint d’un cancer, l’aspect psychologique occupe une place très importante avant, pendant et après le traitement. Et il dépend pour beaucoup de l’entourage du malade, de la manière dont celui-ci le soutient. Il n’est cependant jamais évident de savoir comment réagir lorsqu’une personne à laquelle on tient est touchée par une maladie grave et potentiellement mortelle. Quelques recommandations peuvent être données, de même que les erreurs à éviter :

  • Évitez la réaction de panique et de désespoir, susceptible de démoraliser le patient.
  • Ne minimisez pas la situation pour autant, cela ne rassure pas le patient qui sait bien que le cancer est une maladie grave. Mettez plutôt l’accent sur les espoirs de « guérison» (ou plutôt taux de survie relative à cinq ans)…
  • Ne comparez pas ce cancer avec un autre survenu dans votre entourage. Chaque cas est différent, de même que le traitement et la réaction du patient.
  • Méfiez-vous des prévisions et des statistiques : ce n’est pas parce que le taux de survie à tel cancer est faible que le patient ne s’en sortira pas.
  • Accompagnez le malade, s’il est bien évidemment d’accord, lors des consultations et si possible au cours du traitement. Votre seule présence physique peut s’avérer précieuse pour lui.
  • Veillez à la bonne information du patient. Vous pouvez par exemple cerner avec lui, avant chaque consultation, les questions importantes à poser à l’équipe médicale. Retenez les informations importantes et sachez les restituer au patient, surtout s’il peine à les assimiler.
  • Respectez le silence du malade, qui peut être une manière de protéger sa famille ou lui-même, mais faites-lui comprendreque vous êtes disponible pour l’écouter et l’accompagner. Plus généralement, n’hésitez pas à vous renseigner sur la maladie et à demander conseil à l’équipe médicale.

Les aides existantes pour les proches

Elles vous permettront de mieux aider et accompagner le malade.

  • Les espaces de rencontres et d’information : ce sont des lieux ouverts d’information et d’échanges au sein de l’hôpital. Vous y trouverez notamment les coordonnées d’associations de soutien, des supports d’information sur la maladie et vous pourrez assister à des réunions-débats organisées toute l’année en collaboration avec les équipes
    médicales de l’établissement.
  • Les groupes de soutien de proches : ce sont des groupes de parole créés dans les associations de patients ou les établissements de soins. En présence d’un psychologue, les proches peuvent venir exprimer leurs émotions et les partager avec d’autres personnes dans la même situation.
  • Congé d’accompagnement d’une personne malade : depuis 2003, tout salarié peut bénéficier d’un congé sans solde d’une durée maximale de trois mois si un ascendant, un descendant ou une personne partageant son domicile est atteint d’une maladie mettant sa vie en jeu. L’employeur ne peut le refuser.
  • L’hospitalisation à domicile : ce type de structure « alternative à l’hospitalisation » permet d’assurer au domicile du malade des soins médicaux et paramédicaux continus en coordination avec le service hospitalier, le médecin traitant et tous les professionnels de
    santé nécessaires à la prise en charge du malade.

Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Mercredi 23 décembre 2009

Idées fausses sur le cancer

Une maladie contagieuse

Selon le baromètre 2005 de l’INPES, 6,7 % des Français pensent que certains cancers sont contagieux. Un pourcentage trop élevé car il explique en partie l’isolement auquel sont confrontés de nombreux patients. Or le cancer se développe dans les cellules de l’organisme, il ne peut donc être transmis de quelque manière que ce soit.

La mort assurée

Cette maladie est souvent associée au mot « mort » dans plusieurs enquêtes et elle arrive très largement en tête du classement des maladies graves, devant le sida pourtant incurable. Pour les cas de cancer, on ne parle pas de guérison, un terme qui évoque un retour à l’état antérieur à la maladie, mais de survie relative
à cinq ans. Cela signifi e qu’il peut y avoir des séquelles d’importance variable mais que le cancer est probablement guéri. Ainsi, sur l’ensemble des cancers, le taux de survie relative à cinq ans est supérieur à 50 % chez l’adulte, 70 % chez l’enfant. Des chiffres qui varient dans un sens ou un autre selon le type de cancer et le stade auquel il est diagnostiqué et traité. Ce taux est ainsi inférieur à 10 % pour les cancers du foie ou du pancréas et supérieur à 90 % pour ceux des lèvres et des testicules. Pour les quatre cancers les plus courants, le taux est : Inférieur à 13 % pour le cancer du poumon / Supérieur à 50 % pour le cancer colorectal / Compris entre 75 et 80 % pour les cancers du sein et de la prostate. *

Une maladie qu’il vaut mieux taire

Beaucoup pensent qu’il ne faut pas dire autour de soi qu’on a un cancer. Or ce tabou ne fait qu’accroître notre mauvaise perception du cancer (peur, angoisse, effets secondaires) faute d’informations. Il accentue de plus l’isolement des malades.

 

* Source : Etude Eurocare-4

Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Vendredi 09 décembre 2011

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