
Redouté, fui ou ignoré, le cancer est la pire des maladies pour une majorité des français, malgré des dépistages de plus en plus précoces, des traitements de plus en plus efficaces et des avancées scientifiques majeures. Mais au-delà de l'aspect médical, c'est aussi un long combat où le soutien des proches revêt une importance considérable.
Le cancer est une maladie susceptible de toucher aussi bien un organe qu’un os, le sang, la peau… Il existe ainsi plus de 100 types de cancers différents, dont les plus courants peuvent être regroupés dans quatre grandes catégories en fonction de leur origine :
Le développement d’un cancer se déroule en quatre temps. Au départ, des cellules normales se divisent plus rapidement que prévu, soit parce que les oncogènes (« régisseurs » de la division et du développement des cellules) sont activés au mauvais moment, soit parce que les gènes suppresseurs de tumeurs chargés de stopper le processus de division n’entrent pas en action. Cela entraîne donc une augmentation anormale du nombre total de cellules, c’est l’hyperplasie à laquelle succède la dysplasie, c’est-à-dire la déformation des cellules « en trop ». Celles-ci forment une masse nommée « tumeur primitive » qui va écraser les cellules normales et les envahir. C’est l’invasion. Dans le dernier stade de développement, les cellules cancéreuses trouvent le moyen de se rendre dans d’autres parties du corps où elles recommencent à se diviser pour envahir leurs nouvelles voisines, c’est la métastase. La maladie ne passe pas forcément par tous ces stades car tout dépend des caractéristiques de la tumeur et du moment où elle est détectée et prise en charge.
- Ligue contre le cancer, guides
- Institut National du Cancer (INCa), rapport La situation du cancer en France en 2009
- Ressources du Programme « SOR SAVOIR PATIENT » mené par l’Institut National du Cancer en partenariat avec de nombreuses sociétés savantes
- Institut National de Prévention et d'Éducation pour la Santé (INPES), Baromètre cancer 2005
Auteur(s) : Clément GILBERT, journaliste
Dernière modification : Vendredi 02 janvier 2009
Difficile de répondre clairement à la question de la cause d’un cancer car il n’y en pas de réellement identifiée, seuls restent les facteurs de risque. Parmi ceux-ci, l’hérédité est souvent citée mais elle ne représente en réalité que 10 % des cancers.
Plus qu’une histoire de gènes héréditaires, le cancer est généralement la conséquence de mutations génétiques qui peuvent découler de nombreux facteurs :
Parmi ces facteurs de risque, beaucoup sont évitables ou contrôlables. Les campagnes de prévention du risque solaire, des infections sexuellement transmissibles, du tabagisme ou de la pollution intérieure vont dans ce sens, de même que l’interdiction de l’amiante par exemple. On estime ainsi qu’avec la suppression du tabac, une consommation d’alcool modérée, une bonne protection contre les rayons solaires, une alimentation variée et équilibrée et une activité physique régulière, on peut réduire d’environ 50 % le risque de cancer. Malheureusement, cela ne suffit pas toujours, c’est là qu’intervient le dépistage.
Auteur(s) : Clément GILBERT, journaliste
Dernière modification : Mercredi 23 décembre 2009
Les cancers du sein, du côlon et du rectum, du col de l’utérus font l’objet d’une attention toute particulière, notamment pour certaines catégories de personnes.
Au-delà de ces dépistages, on parle également de détection précoce pour deux cancers. Le cancer de la peau peut en effet être décelé par un auto-examen régulier de la peau, à l’affût d’un changement dans les grains de beauté ou de l’apparition de taches pigmentées. En cas de doute, on peut alors demander un avis médical. Pour ce qui est du cancer de la cavité buccale, les chirurgiens-dentistes et tous les professionnels de santé ayant à pratiquer un examen de la bouche ont un rôle important à jouer. Entre prévention, dépistage et détection précoce, de nombreux cancers peuvent ainsi être évités.
Auteur(s) : Clément GILBERT, journaliste
Dernière modification : Mercredi 23 décembre 2009
Lorsque le cancer survient malgré tout, il bouleverse de manière particulièrement brutale la vie d’une personne mais également celle de sa famille. L’annonce du diagnostic est d’ailleurs souvent vécue comme un coup de tonnerre psychologique. Elle provoque parfois des réactions particulières, comme la sidération (perte de tous ses repères, incapacité à réaliser et réagir) ou le déni (refus d’accepter le diagnostic) qui viennent s’ajouter à une multitude d’émotions différentes pour chacun : angoisse, colère, peur,soulagement de mettre enfin un nom sur ce qu’on sentait ou redoutait, culpabilité car sentiment de ne pas avoir suffisamment pris soin de soi (notamment lorsque le cancer est associé à un comportement évitable comme le tabagisme par exemple)… Par ailleurs, face au choc de la nouvelle, on peut oublier avoir été informé, déformer ce qu’on a entendu ou au contraire répéter sans cesse les informations comme pour tester leur réalité. C’est pourquoi le dispositif d’annonce prévoit généralement un deuxième temps où, grâce au recul, la personne pourra entendre de manière plus sereine les données importantes.
On distingue en général trois principaux traitements du cancer :
Au cours du traitement, la maladie se fait plus réelle, c’est parfois à ce moment-là que les personnes réalisent qu’elles sont vraiment malades. Un sentiment qui peut être conforté par les effets secondaires, pas systématiques mais fréquents. Le malade peut en effet avoir l’impression que ceux-ci sont le signe d’une aggravation du cancer. D’où l’importance de l’information donnée sur les traitements et leurs suites… Mais le danger existe aussi dans les émotions du malade qui peut perdre l’envie de vivre ou estimer ne pas avoir assez d’énergie pour combattre le cancer. Or la volonté de s’en sortir a une incidence non négligeable sur la réussite du traitement, de même que le soutien des proches. Le soutien d’un psychologue ou d’un psychiatre peut parfois s’avérer nécessaire.
Entre deux traitements, le patient retourne à son domicile. Si ce moment est généralement bien vécu, du fait du plaisir de retrouver son chez-soi et sa vie, il peut générer de l’anxiété par la perte du sentiment de sécurité donné par l’établissement hospitalier. Le malade ressent souvent une grande fatigue physique et/ou morale et il peut être sujet aux changements d’humeur. Au cours de cette période, il est important de bien garder contact avec son médecin traitant et de discuter avec lui d’un éventuel recours à un service de soins ou d’hospitalisation à domicile (SAD ou HAD).
Quand le traitement se termine, le patient peut éprouver une tristesse à se séparer de l’équipe médicale avec laquelle il a passé beaucoup de temps, qui plus est dans une période délicate qui marque le début d’une vie très différente de celle d’avant. Malheureusement, le cancer peut être tenace et le patient ne doit pas ignorer qu’il existe un risque de récidive. C’est un événement violent, difficile à vivre et à accepter, qui est parfois assimilé à l’échec. Pourtant, même un cancer récidivant peut être soigné. Savoir que la récidive existe peut permettre de rebondir, de trouver la force de surmonter de nouvelles épreuves si elle survient. Mais un cancer s’avère parfois incurable et le malade se trouve alors confronté à sa fin. Il peut ne pas l’accepter – c’est alors qu’on retrouve le déni – ou revoir ses priorités de vie (tenir jusqu’à tel événement). Selon les cas, le malade se referme alors sur lui-même, comme pour préparer la fin de toute relation avec ses proches, ou il se révèle au contraire particulièrement démonstratif. De manière directe ou indirecte, l’entourage du malade joue ainsi un rôle déterminant dans toutes les étapes d’un cancer.
Auteur(s) : Clément GILBERT, journaliste
Dernière modification : Mercredi 23 décembre 2009
Lorsqu’on est atteint d’un cancer, l’aspect psychologique occupe une place très importante avant, pendant et après le traitement. Et il dépend pour beaucoup de l’entourage du malade, de la manière dont celui-ci le soutient. Il n’est cependant jamais évident de savoir comment réagir lorsqu’une personne à laquelle on tient est touchée par une maladie grave et potentiellement mortelle. Quelques recommandations peuvent être données, de même que les erreurs à éviter :
Elles vous permettront de mieux aider et accompagner le malade.
Auteur(s) : Clément GILBERT, journaliste
Dernière modification : Mercredi 23 décembre 2009
Selon le baromètre 2005 de l’INPES, 6,7 % des Français pensent que certains cancers sont contagieux. Un pourcentage trop élevé car il explique en partie l’isolement auquel sont confrontés de nombreux patients. Or le cancer se développe dans les cellules de l’organisme, il ne peut donc être transmis de quelque manière que ce soit.
Cette maladie est souvent associée au mot « mort » dans plusieurs enquêtes et elle arrive très largement en tête du classement des maladies graves, devant le sida pourtant incurable. Pour les cas de cancer, on ne parle pas de guérison, un terme qui évoque un retour à l’état antérieur à la maladie, mais de survie relative à cinq ans. Cela signifie qu’il peut y avoir des séquelles d’importance variable mais que le cancer est probablement guéri. Ainsi, sur l’ensemble des cancers, le taux de survie relative à cinq ans est supérieur à 50 % chez l’adulte, 70 % chez l’enfant. Des chiffres qui varient dans un sens ou un autre selon le type de cancer et le stade auquel il est diagnostiqué et traité. Ce taux est ainsi inférieur à 10 % pour les cancers du foie ou du pancréas et supérieur à 90 % pour ceux des lèvres et des testicules. Pour les quatre cancers les plus courants, le taux est : Inférieur à 13 % pour le cancer du poumon / Supérieur à 50 % pour le cancer colorectal / Compris entre 75 et 80 % pour les cancers du sein et de la prostate. *
Beaucoup pensent qu’il ne faut pas dire autour de soi qu’on a un cancer. Or ce tabou ne fait qu’accroître notre mauvaise perception du cancer (peur, angoisse, effets secondaires) faute d’informations. Il accentue de plus l’isolement des malades.
- Étude Eurocare-4*
Auteur(s) : Clément GILBERT, journaliste
Dernière modification : Mercredi 23 décembre 2009
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