L'audition

Sens social par excellence, l’audition est aussi très fragile : une musique trop forte, un environnement professionnel bruyant peuvent suffire à l’altérer, parfois jusqu’à la surdité. C’est pourquoi elle doit être protégée des agressions quotidiennes.

Tout commence par un son, c’est-à-dire des vibrations de l’air caractérisées par leur intensité, en décibels (Db), et leur fréquence, en hertz (Hz). Celles-ci sont d’abord captées par le pavillon, la partie externe de l’oreille semblable à une parabole. Elles sont ensuite acheminées par le conduit auditif au tympan, une membrane souple entre l’oreille externe et la moyenne qui vibre afin de retransmettre le son dans toute sa complexité. Ce dernier passe alors dans une chaîne constituée de trois minuscules osselets (le marteau, l’enclume et l’étrier) qui répercutent les vibrations vers l’oreille interne. Le son atteint alors la cochlée, qui abrite environ 15 000 cellules sensorielles fragiles et indispensables, les « cellules ciliées ». Celles-ci vont analyser les vibrations avant de les transformer en influx nerveux envoyés jusqu’au cerveau via le nerf auditif. C’est là que naît alors la sensation auditive, qui sera interprétée et décodée.

Un son est caractérisé par :

  • Sa fréquence, qui permet de distinguer un son grave (fréquence faible ou basse) d’un son aigu (fréquence élevée ou haute). L’oreille ne perçoit que les sons dont les fréquences sont comprises entre 20 et 20 000 Hertz (Hz),
  • Son intensité, qui permet de distinguer un son fort d’un son faible (force du son). Elle se mesure en décibel (dB), ou en décibel pondéré en acoustique dB(A), pour prendre en compte la sensibilité de l’oreille,
  • Sa durée, laps de temps pendant lequel on perçoit les vibrations. La durée d’exposition est déterminante par rapport aux dommages qui peuvent être causés à l’oreille.

Ces trois caractéristiques permettent d’identifier et de reconnaître l’origine du son. Il est rare d’entendre des sons d’une seule fréquence (par exemple le son du diapason). Le plus souvent, il s’agit de sons complexes formés par un ensemble de fréquences, par exemple la voix.
Le seuil d’audibilité pour l’Homme est de 0 dB(A). Un son devient nocif dès 85 dB(A), c’est le seuil de danger ; au-dessus de cette limite, tout type de son peut endommager l’oreille. Au-delà de 120 dB(A), il provoque une douleur.

Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Mercredi 16 novembre 2011

L’oreille, et plus globalement l’audition, a deux fonctions principales, l’une d’alerte, l’autre de communication. Par alerte, on entend une certaine vigilance par rapport à ce qui se passe autour de nous. Tout mouvement est généralement accompagné d’un bruit, si discret soit-il. Dès lors que celui-ci n’est ni un infrason ni un ultrason, il est perçu mais n’est pas forcément pris en compte par l’Homme. Ainsi, au cours d’une promenade en forêt, le bruit du vent dans les arbres ne retiendra pas notre attention, contrairement à la sonnerie d’un téléphone. L’audition nous permet ainsi d’être réactifs par rapport à notre environnement, aux autres...
Quant à la fonction de communication, elle sert à échanger, aussi bien avec des humains qu’avec des animaux (les gémissements d’un chien...). Enfin, l’audition permet de contrôler notre voix et notre expression orale. C’est pourquoi un malentendant a souvent tendance à parler fort (faute de pouvoir mesurer correctement l’intensité de sa voix) et une personne sourde peut être muette (mais ce n’est pas systématique) ou avoir des difficultés à bien prononcer les mots.

À travers ces deux fonctions, l’audition se révèle fondamentale pour la vie en société, c’est pourquoi la dégradation ou la perte d’audition peut non seulement constituer un handicap physique et sensoriel mais également social.

L’appareil auditif est composé de trois parties distinctes qui ont chacune un rôle différent et complémentaire : l’oreille externe, l’oreille moyenne et l’oreille interne. Toutes trois forment un organe complexe, sensible et surtout très fragile.

  • L’oreille externe est composée du pavillon, du conduit auditif externe et du tympan. Elle capte et achemine la vibration sonore jusqu’à ce dernier. Elle a également un rôle de protection contre les infections ou les pénétrations de corps étrangers (poussières, etc.) grâce au cérumen,
  • L’oreille moyenne est une cavité remplie d’air appelée « caisse du tympan » qui contient le marteau, l’enclume et l’étrier. Ces derniers forment une chaîne de trois osselets qui amplifie et transmet les vibrations du tympan à l’oreille interne. L’air de cette cavité est renouvelé régulièrement par la trompe d’Eustache, conduit qui communique avec le nez,
  • L’oreille interne est divisée en deux parties : le vestibule pour l’équilibre et la cochlée pour l’audition. La cochlée contient les cellules auditives, appelées cellules ciliées, qui, une fois stimulées, vont transmettre les informations au cerveau via le nerf auditif. Le son est alors décodé.

Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Mercredi 16 novembre 2011

L’audition est un sens fragile qui peut se dégrader de bien des façons.

  • Une maladie : les otites, les méningites, l’otospongiose (maladie provoquant un blocage de l’étrier) et certains virus peuvent entraîner une perte d’audition. De même que la rubéole et la toxoplasmose contractées pendant la grossesse peuvent affecter l’audition de l’enfant à naître.
  • Un médicament : certains médicaments dits oto-toxiques peuvent être dangereux pour l’oreille.
  • Le vieillissement : avec l’âge, l’audition se détériore peu à peu. À partir de 50 ans, on peut ainsi voir apparaître la presbyacousie, une baisse de la perception des sons à fréquence aiguë. La personne atteinte entend les paroles mais les comprend mal.
  • Un traumatisme : un accident ou certains sons perçus au cours de nos activités professionnelles (bruit de machines...) ou de loisirs (concert...) sont susceptibles
    d’endommager notre oreille. Au-delà de la perte partielle ou totale de l’audition, on trouve également d’autres troubles, comme l’hyperacousie. Bien moins connue que la surdité, celle-ci est pourtant très handicapante puisqu’elle fait percevoir
    les sons à un niveau plus élevé que la normale. L’audition devient alors douloureuse et certains sons, insupportables (sonnerie de téléphone, discussion en groupe...).

On distingue plusieurs types de déficiences auditives selon la localisation de l’altération auditive :

  • La déficience auditive de transmission fait suite à une atteinte de l’oreille externe (ex. : bouchon de cérumen) ou de l’oreille moyenne (ex. : otites). Elle se caractérise par une mauvaise transmission des sons à l’oreille interne. Ces surdités de transmission correspondent à des pertes auditives légères ou moyennes. La perte auditive est facilement compensée par le port d’aides auditives et, selon les cas, une intervention chirurgicale peut permettre de rétablir des fonctions de l’oreille externe ou moyenne.
  • La déficience auditive de perception découle d’une atteinte de l’oreille interne (due à la presbyacousie, suite à un traumatisme sonore, etc.), d’une atteinte du nerf auditif ou encore exceptionnellement des centres nerveux. Les déficiences auditives de perception vont de la surdité légère à la surdité profonde. Compte tenu de la difficulté d’intervenir sur l’oreille interne sans détruire les cellules ciliées qui s’y trouvent, les indications opératoires sont rares. Lorsque la prothèse auditive classique n’offre plus assez de résultat, il est possible de poser un implant cochléaire. 
  • La déficience auditive mixte est une combinaison des deux cas précédents.

Les acouphènes
Les acouphènes sont des sensations sonores uniquement perçues par la personne qui en est atteinte, sans aucun stimulus sonore extérieur. Le bruit perçu (sifflement, bourdonnement, grésillement, etc.) peut être plus ou moins fort. L’acouphène a souvent pour origine une lésion au niveau de la cochlée (oreille interne). Il se produit lorsqu’un signal nerveux aberrant est interprété par le cerveau comme un son. Les acouphènes sont difficiles à traiter, surtout si la cause n’est pas identifiée. Une prise en charge psychologique est parfois nécessaire pour aider la personne à vivre avec.

L’hyperacousie
L’hyperacousie désigne une intolérance aux bruits, même les plus banals, due à une hypersensibilité de l’oreille. Les hyperacousiques n’entendent pas mieux que les autres, mais tolèrent beaucoup moins certains sons et niveaux sonores. Cette affection est source de gêne invalidante et d’inconfort auditif important. L’hyperacousie et les acouphènes vont souvent de pair.

 

Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Vendredi 09 décembre 2011

«Bruit » est un mot plutôt subjectif puisqu’il désigne un son gênant ou nocif. Les bruits gênants ont en général un niveau faible ou modéré, entre 30 et 70 décibels, 90 dB étant le seuil de danger. Ils sont ainsi qualifiés parce qu’ils sont inopportuns ou lassants, comme une sonnerie de téléphone lorsqu’on travaille dans le bureau voisin ou de gouttes d’eau s’échappant d’un robinet qui fuit. De tels bruits n’altèrent en rien l’audition mais peuvent engendrer de l’anxiété, de l’irritabilité voire une dépression. Mais un bruit gênant ou nocif peut aussi être qualifié de nuisance sonore. Ainsi, l’article R. 1334-31 précise : « Aucun bruit particulier ne doit, par sa durée, sa répétition ou son intensité, porter atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l’homme, dans un lieu public ou privé [...]. » Un bruit relève de cette définition lorsqu’il est supérieur au bruit de fond de 5 dBle jour et de 3 dB la nuit. Une mesure qui se fait bien souvent à l’oreille, surtout lorsqu’il s’agit d’une atteinte à la tranquillité du voisinage.

Réduire le bruit et/ou diminuer son exposition au bruit
Il s’agit du moyen de prévention le plus simple et le plus efficace.

  • Contrôler et baisser si nécessaire le niveau sonore de la télévision, de la chaine Hi-Fi et surtout du baladeur,
  • S’éloigner de la source du bruit (exemple : les enceintes acoustiques lors d’un concert),
  • Eviter les établissements qui fondent leur réputation sur un niveau sonore élevé,
  • Réduire le temps d’exposition au bruit. Les durées hebdomadaires ne doivent pas dépasser 20h à 93 dB(A) (baladeur, autoradio) ou 4h à 100 dB(A) (bars musicaux, baladeur à puissance maximal) ou encore 2h à 103 dB(A) (discothèque),
  • Réduire au maximum le volume sonore des jeux pour enfants qui ont tendance à approcher les objets près du visage.

Se protéger lors d’expositions à des niveaux sonores élevés
Il n’est pas toujours possible de contrôler la source sonore ou de limiter son exposition. Les situations dans lesquelles nos oreilles sont exposées à des niveaux sonores élevés sont fréquentes : travail sur des machines bruyantes, tondeuse à gazon, sortie en discothèque, à un concert, karting, etc. Dans ces conditions, il est nécessaire de se protéger.

Il existe différents moyens de protection :

  • Les bouchons d’oreilles. Discrets et efficaces, ils limitent les risques de traumatisme et diminuent l’intensité de 20 à 30 dB(A). Au-delà de 100 dB(A), il est nécessaire d’utiliser des bouchons plus adaptés et performants comme les bouchons moulés avec ou sans filtre, réalisés par un audioprothésiste.
  • Les casques. Ils restent particulièrement utilisés dans des environnements professionnels bruyants.

Pour être efficace, la protection auditive doit être mise avant l’exposition au bruit et ne pas être enlevée pendant toute la durée d’exposition, même sur un temps très court.

 

Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Mercredi 16 novembre 2011