Harmonie Mutuelle

Le cannabis, une drogue



Entre drogue pour certains et plaisir inoffensif pour d’autres, banalisation et dramatisation, pénalisation et dépénalisation, le cannabis reste difficile à cerner et suscite questions comme inquiétudes.

Les différentes formes

Le cannabis provient de la Cannabis Sativa, une espèce aux 246 variétés dont deux prédominent. Le Cannabis Sativa, aussi nommé chanvre textile ou fibreux, a de nombreuses applications : vêtements, cordage, isolation... Mais lorsque nous parlons de cannabis, c’est bien plus au Cannabis Sativa indica, ou chanvre indien, et surtout aux substances psychotropes qu’il contient (le THC), que nous pensons.

Le cannabis peut être consommé sous plusieurs formes :

  • herbe ou marijuana : c’est un mélange séché de feuilles, de tiges et d’herbes en proportion variable, dont la couleur va de vert à brun. L’odeur de la marijuana est particulièrement forte ;
  • résine de cannabis ou haschich : c’est une pâte compacte, de couleur beige, brune ou noire, obtenue en triant ou tamisant le mélange et en le comprimant sous forme de barrettes (barrette de shit), pain, savon... C’est sous cette forme que le cannabis est majoritairement consommé en France ;
  • huile de cannabis : c’est un liquide vert à noirâtre obtenu par extraction de la résine avec de l’alcool à 90°. En Europe, le cannabis est rarement consommé sous cette dernière forme, très chargée en psychotropes.

En général, le cannabis est consommé en joint, surnommé pétard, pet, bedot... Celui-ci est réalisé avec une ou deux feuilles à rouler dans lesquelles on met la résine, souvent avec un peu de tabac. Il se distingue généralement des cigarettes roulées par sa forme conique. Pour une consommation en solitaire, le stick, sorte de micro-joint, peut être préféré. Enfin, le cannabis peut aussi être pris en bang, une sorte de pipe à eau, mais cela reste rare et plutôt mal perçu par les consommateurs. 


 Sources

- Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT), Cannabis, données essentielles
- Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT), Les habitués du Cannabis
- Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (Inserm), Cannabis, quels effets sur le comportement et la santé
- Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES), Drogues et dépendance, Le livre d’information

Auteur(s) : Clément GILBERT, journaliste
Dernière modification : Lundi 02 février 2009

Les effets du cannabis

Le cannabis est souvent évoqué comme un moyen de parvenir à un état de détente, de relaxation, de bien-être et d’euphorie. Si de tels effets peuvent effectivement être ressentis à court terme, il n’en va pas de même pour tous les consommateurs puisque cela dépend de facteurs comme l’âge, l’humeur, la quantité, le mode ou la fréquence de consommation, l’usage d’autres drogues... Il existe ainsi une multitude d’effets moins désirables parmi lesquels la somnolence, une faim intense, une perte de mémoire passagère, un amoindrissement de la coordination, de la motricité et du temps de réaction, une augmentation du rythme cardiaque et une baisse de tension artérielle pouvant entraîner un évanouissement, des hallucinations, de la paranoïa ou une légère anxiété, une forte agitation, de la désorientation, un assèchement de la bouche et de la gorge.
Cependant le cannabis, en tant que drogue douce, n’est jamais mortel en lui-même, quelle que soit la quantité consommée. En revanche, certains effets, comme l’amoindrissement de la motricité et du temps de réaction, peuvent entraîner des blessures voire des morts en raison d’une chute ou d’un accident de la route par exemple, à l’instar de l’alcool. Une loi récente a d’ailleurs alourdi les peines pour les personnes conduisant sous l’influence d’un stupéfiant, cannabis ou autre : jusqu’à 2 ans de prison et 4 500 euros d’amende.

Auteur(s) : Clément GILBERT, journaliste
Dernière modification : Lundi 02 février 2009

Des conséquences fâcheuses

Bien que classé « drogue douce », le cannabis est loin d’être sans conséquences à long terme, même si les recherches dans ce domaine se poursuivent :

  • un risque de cancer important : plusieurs études récentes ont démontré que, contrairement à ce que pensent de nombreux consommateurs, la fumée de cannabis contient plus de substances cancérigènes que le tabac. C’est pourquoi cancer du poumon est plus précoce chez les fumeurs de cannabis. Sans oublier d’autres cancers, notamment de la gorge ;
  • un rythme cardiaque affolé : la consommation de cannabis modifie le rythme cardiaque, ce qui constitue un danger pour les personnes souffrant d’hypertension ou d’une maladie cardiovasculaire ;
  • un cerveau chamboulé : le cannabis n’endommage pas le cerveau mais il peut affecter la mémoire immédiate, la capacité à apprendre et à se souvenir, la perception visuelle, la vigilance et les réflexes. Heureusement, ces effets sont souvent temporaires et surtout réversibles à l’arrêt de la consommation ;
  • une dépendance envisageable : le risque de dépendance existe, même s’il diffère selon les individus et survient surtout dans le cadre d’une consommation régulière. L’arrêt ou la diminution des doses peut alors entraîner un accroissement du stress, de l’irritabilité, des difficultés à dormir et parfois un mal-être, un état dépressif sur plusieurs semaines ;
  • des troubles psychologiques éventuels : loin d’être systématiques, ils peuvent cependant survenir de manière temporaire. Ce sont généralement des troubles anxieux ou une psychose « cannabinique ».

Auteur(s) : Clément GILBERT, journaliste
Dernière modification : Lundi 02 février 2009

Une préoccupation familiale

Comme le tabac ou l’alcool, mais dans une moindre mesure, le cannabis est consommé très jeune. Ainsi, selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), 70,7 % des jeunes de 17 ans ont déjà expérimenté le tabac, 59,8 % l’ivresse alcoolique et 42,2 % le cannabis.
C’est pourquoi il est important de savoir détecter les signes d’une consommation potentiellement problématique : absentéisme scolaire inhabituel, perte d’intérêt pour certaines activités, changement de fréquentations, manque d’argent de poche fréquent...
Si votre enfant consomme du cannabis, il est important d’établir un dialogue, même si cela est parfois difficile, en exprimant votre désaccord et en évitant toute dramatisation ou discours alarmistes, souvent contreproductifs.
Offrez-lui également votre aide, en lui proposant par exemple d’évaluer ensemble sa consommation (avec le questionnaire CAST par exemple : www.tabac-info- service.fr). Si votre enfant ne trouve pas en lui les ressources nécessaires, ou si le dialogue entre vous s’avère trop difficile, n’hésitez pas à solliciter une aide extérieure.

Auteur(s) : Clément GILBERT, journaliste
Dernière modification : Vendredi 02 octobre 2009

Pour en savoir +
  • 0811 91 20 20  de 8h à 20h (prix d’un appel local depuis un poste fixe).
  • www.drogues.gouv.fr