Les infections nosocomiales peuvent être directement liées aux soins prodigués au patient (opération, pose d’une prothèse) mais elles peuvent également apparaître hors de tout acte médical, au cours du séjour en établissement (une épidémie virale par exemple). Elles peuvent avoir deux provenances :
- Origine « endogène » : les micro-organismes entraînant l’infection viennent de l’organisme du malade lui-même. Ce mode de transmission peut se rencontrer suite à un acte médical dit invasif ou peut découler d’une fragilité particulière du malade.
- Origine « exogène » : les micro-organismes peuvent provenir d’autres malades, du personnel ou plus généralement de l’environnement hospitalier (équipements médicaux, eau, air…).
Des micro-organismes majoritairement bactériens
Dans 2/3 des cas d’infection nosocomiale, les micro-organismes en cause sont des bactéries. Les trois plus courantes sont l’Eschérichia Coli (Colibacille), la Staphylococcus auréus (Staphylocoque doré) et la Pseudomonas aéruginosa (Bacille pyocyanique).
Ces bactéries sont parfois déjà présentes dans notre organisme mais n’entraînent pas pour autant d’infections nosocomiales. On trouve ainsi le staphylocoque doré au niveau des fosses nasales et de la gorge chez 30% des individus sains (non malades). Il devient dangereux dès lors qu’il pénètre sous la peau ou dans les tissus profonds, ce qui peut arriver au cours d’une opération par exemple.
Le problème posé par ces bactéries est donc double. D’une part, il n’est pas toujours possible d’éviter que la bactérie pénètre dans l’organisme du patient puisqu’elle y est parfois déjà. Or elle peut devenir nuisible à la suite de certaines opérations malheureusement inévitables. D’autre part, certaines bactéries ont une étonnante faculté d’adaptation aux traitements, souvent à base d’antibiotiques. Le staphylocoque doré a ainsi évolué afin de résister à deux d’entre eux, la pénicilline et la méticilline. Et même le nouvel antibiotique, la vancomycine, commence à rencontrer des résistances.