Les infections nosocomiales


L’idée même d’une infection contractée dans un établissement de santé, un lieu de guérison, aurait pu paraître absurde il n’y a pas si longtemps. Mais les infections nosocomiales sont aujourd’hui considérées comme un problème majeur de santé publique non exempt d’implications : médicales, juridiques, humaines, sociales, etc.

Facteurs de risque

Un établissement de santé combine du fait de sa fonction de nombreux facteurs favorisant la survenue d’infections nosocomiales :

- Des personnes fragiles : l’hôpital est un lieu qui par définition accueille une majorité de personnes affaiblies du fait de leur âge ou de leur pathologie, donc plus réceptives aux infections nosocomiales que les autres. Les personnes âgées, les nouveaux-nés (en particulier les prématurés), les personnes dont le système immunitaire est affecté sont ainsi particulièrement concernées…

- Des traitements délicats : certains traitements favorisent la survenue de maladies nosocomiales, notamment ceux qui affaiblissent les défenses immunitaires.

- Les actes invasifs : tous les actes invasifs comme le sondage urinaire, la pose de prothèses ou d’implants, les interventions chirurgicales en général constituent des facteurs de risque d’infections nosocomiales.

- Concentration des germes : l’hôpital réunit dans un même lieu de nombreuses maladies, bactéries, microbes…Les précautions prises n’empêchent pas toujours la transmission d’un malade à l’autre.

Un établissement de santé combine du fait de sa fonction de nombreux facteurs favorisant la survenue d’infections nosocomiales :

- Défaut d’application de l’hygiène : cela peut être du au manque de formation, aux problèmes de matériel, à la conception architecturale des services, au manque de financement…

Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Mardi 31 janvier 2012

Des bactéries responsables

Les infections nosocomiales peuvent être directement liées aux soins prodigués au patient (opération, pose d’une prothèse) mais elles peuvent également apparaître hors de tout acte médical, au cours du séjour en établissement (une épidémie virale par exemple). Elles peuvent avoir deux provenances :
- Origine « endogène » : les micro-organismes entraînant l’infection viennent de l’organisme du malade lui-même. Ce mode de transmission peut se rencontrer suite à un acte médical dit invasif ou peut découler d’une fragilité particulière du malade.
- Origine « exogène » : les micro-organismes peuvent provenir d’autres malades, du personnel ou plus généralement de l’environnement hospitalier (équipements médicaux, eau, air…).

Des micro-organismes majoritairement bactériens

Dans 2/3 des cas d’infection nosocomiale, les micro-organismes en cause sont des bactéries. Les trois plus courantes sont l’Eschérichia Coli (Colibacille), la Staphylococcus auréus (Staphylocoque doré) et la Pseudomonas aéruginosa (Bacille pyocyanique).
Ces bactéries sont parfois déjà présentes dans notre organisme mais n’entraînent pas pour autant d’infections nosocomiales. On trouve ainsi le staphylocoque doré au niveau des fosses nasales et de la gorge chez 30% des individus sains (non malades). Il devient dangereux dès lors qu’il pénètre sous la peau ou dans les tissus profonds, ce qui peut arriver au cours d’une opération par exemple.

Le problème posé par ces bactéries est donc double. D’une part, il n’est pas toujours possible d’éviter que la bactérie pénètre dans l’organisme du patient puisqu’elle y est parfois déjà. Or elle peut devenir nuisible à la suite de certaines opérations malheureusement inévitables. D’autre part, certaines bactéries ont une étonnante faculté d’adaptation aux traitements, souvent à base d’antibiotiques. Le staphylocoque doré a ainsi évolué afin de résister à deux d’entre eux, la pénicilline et la méticilline. Et même le nouvel antibiotique, la vancomycine, commence à rencontrer des résistances.

Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Mardi 31 janvier 2012

Un programme de lutte contre les infections nosocomiales

En France, la lutte contre les infections nosocomiales a commencé il y a une vingtaine d’année avec la création des Comités de Lutte contre les Infections Nosocomiales (CLIN) dans les établissements publics de santé. En 1994, le premier plan de lutte contre les infections nosocomiales est mis en place avant d’être étendu aux cliniques privées en 1999.

Enfin, le réseau d’alerte, d’investigation et de surveillance des infections nosocomiales (RAISIN) voit le jour en 2001. Une enquête de prévalence des infections nosocomiales est alors réalisée, puis reconduite en 2006. Entre 2001 et 2006, cette prévalence a diminué pour s’établir aux alentours de 5%, un taux assez bas par rapport à l’ensemble des résultats européens (entre 4,9% et 8,5%).

Les différents plans de lutte contre les infections nosocomiales ont permis de mettre en place de nombreux moyens d’actions : procédures d’autorisation et recommandations en matière de stérilisation et de désinfection des matériels médicaux, maîtrise de la diffusion des bactéries résistantes aux antibiotiques par le biais notamment de la prévention, diffusion de recommandations des bonnes pratiques d’hygiène, formation des professionnels de santé en hygiène hospitalière, information du public…

Sur ce dernier point, plusieurs outils ont été créés comme la rubrique « infections nosocomiales » sur le site du ministère de la santé et le portail d’information téléphonique des usagers (Info’ministère au 0820 03 33 33, 0,15 € TTC la minute) ouvert du lundi au samedi de 9h à 19h.

Mais au-delà de l’information, chacun d’entre nous peut contribuer à son niveau à la lutte contre les infections nosocomiales en se lavant les mains lors d’une visite à l’hôpital, tout simplement.

Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Jeudi 17 novembre 2011