La dyslexie, dysphasie
La dyslexie, un trouble très répandu
C’est le trouble d’apprentissage scolaire le plus courant, puisqu’il touche 10% de la population générale. On a d’ailleurs constaté avec étonnement que ce pourcentage reste quasiment identique d’une étude à l’autre, quel que soit le pays, le type de culture et de langue.
Elle affecte le processus d’acquisition et d’utilisation du langage écrit. La dyslexie se caractérise par des confusions de sons entre les lettres, des inversions de lettres entre elles, des erreurs sur les lettres se prononçant différemment selon le contexte (g, s, c), sur des groupes de consonnes (cl, tr…), sur des graphèmes complexes (ch, eau, œu) et un problème de différenciation des sons proches (p/b).
Quant à la dysorthographie, elle est assez similaire à la dyslexie, mais n’affecte que l’orthographe. On peut être dysorthographique sans être dyslexique mais l’inverse n’est pas possible. Le plus souvent, ces deux troubles sont associés.
Preuve s’il en est qu’un dys n’est pas condamné à l’échec, on compte parmi les dyslexiques des artistes (Michel-Ange, Pablo Picasso, Léonard de Vinci, Auguste Rodin), des scientifiques (Albert Enstein, Thomas Edison, Louis Pasteur), des cinéastes (Steven Spielberg), de grands chefs d’entreprise (Bill Gates), des politiciens (Winston Churchill, John Kennedy) et même des écrivains célèbres (Agatha Christie, Gustave Flaubert, Edgar Allan Poe, Hans Christian Andersen).
La dysphasie, trouble du langage méconnu
Bien moins connue que la dyslexie, la dysphasie toucherait pourtant 1% de la population scolaire. Elle affecte le langage oral à différents niveaux :
- la réception, ou compréhension du langage,
- l’émission, de la programmation à la production,
- la disponibilité des mots ou leur agencement syntaxique.
Si le langage mis en place par une personne atteinte de dysphasie peut lui permettre de se débrouiller dans la vie quotidienne, il peut vite être un problème au niveau professionnel, scolaire, créatif ou social. Un dysphasique aura par exemple beaucoup de difficultés à comprendre les publicités, les jeux de mots, les titres de journaux, les notions abstraites…Il pourra par ailleurs souffrir de problèmes de mémorisation, avoir du mal à trouver ses mots ou utiliser une phrase entière comme s’il s’agissait d’un seul mot.
Une prise en charge encore balbutiante
Les troubles spécifiques du langage et les dys en général ne sont réellement connus et étudiés que depuis la fin du 20e siècle. Ils ne sont considérés comme un problème de santé publique que depuis 1999 et les premières actions publiques dans ce domaine datent de 2000.
Beaucoup de possibilités d’aides ou de prise en charge proposées à l’heure actuelle (CLIS, AEEH, PPS, SESSAD. cf interview) sont destinées aux dys sévères. Il existe cependant des RASED (réseaux d’aide spécialisés aux élèves en difficulté), qui interviennent dans les écoles maternelles et élémentaires pour toute sorte de difficultés d’apprentissage comme la dyslexie, la dysorthographie, la dysphasie, la dysgraphie, la dyscalculie, les troubles du comportement ou les troubles psychologiques variés.
Ils comprennent des psychologues scolaires et des intervenants spécialisés ayant pour mission une action d’aide à dominante pédagogique ou rééducative. Mais ces réseaux connaissent des fortes disparités selon les zones géographiques et ne bénéficient donc pas toujours de tout le personnel nécessaire à une intervention optimale. Un problème qui démontre encore le chemin à parcourir dans le domaine des dys.