Venir en aide à un proche
L’anorexie ou la boulimie sont des troubles très complexes à appréhender car elles mettent en jeu de nombreux facteurs (sociaux, psychologiques, familiaux, existentiels) et touchent à des points délicats tels que l’estime de soi, l’acceptation de son corps, la mort ou le regard d’autrui. Il n’existe aucune recette miracle pour guérir ces maladies mais quelques conseils peuvent permettre aux proches de soutenir le malade dans sa lutte et surtout d’éviter les faux-pas :
• Renseignez-vous le plus possible sur les troubles de l'alimentation, mais ne vous laissez pas envahir par le problème de quelqu'un d'autre. Ce n'est pas à vous de leur « montrer la lumière ».
• Sachez bien que les troubles de l'alimentation n'ont rien à voir avec la nourriture. Les commentaires à cet égard sont non seulement inutiles, mais ils aggravent le problème en encourageant la personne à mettre l'accent sur la question de l'alimentation.
• Nul ne peut sortir gagnant d'une lutte de pouvoir à propos de la nourriture. Toute tentative visant à réglementer l'alimentation de la personne atteinte risque fort de renforcer son comportement.
• Éviter les conversations qui appellent des commentaires sur l'apparence. À des questions du genre « Tu me trouves grosse ? », il convient de répondre : « Non ; je t'aime comme tu es. ».
• Quand vous voulez faire part de vos préoccupations, dites : « J’ai eu peur quand je t'ai vu étendue par terre » au lieu de : « Tu ne vas pas bien, tu as besoin d’aide. ».
• Si vous avez des raisons de croire que sa santé est sérieusement menacée, allez chercher de l'aide. Même si l'être cher vous accuse d'avoir trahi son secret, les règles de la confidentialité n'existent plus lorsqu'il y a danger physique.
• Renseignez-vous sur les ressources existantes dans votre région comme les groupes d'entraide, les thérapies et les soins médicaux. Laissez la documentation à la vue. Et aller chercher de l'aide pour vous-mêmes.
• Voir un être cher aux prises avec un trouble de l'alimentation peut susciter en vous colère, impuissance, culpabilité et frustration. Il importe pour vous d'évacuer ces réactions normales en vous rappelant qu'il est inutile de blâmer la personne pour ce qui arrive.
• Ne jouez pas au thérapeute : ce serait un échec. Une personne qui « surfonction-
ne » ne fait qu'amener l'autre à « sous-fonctionner ».
• Plus important encore, interrogez-vous sur votre attitude face à des questions de poids et d'apparence. Êtes-vous au régime ? Lorsque vous rencontrez quelqu'un pour la première fois, est-ce sa silhouette qui vous frappe? Il serait bon de faire part de vos propres craintes face à la dictature de la minceur.