Une « anorexique modèle »
Si l’on écarte les rares cas d’anorexie masculine (un pour dix cas d’anorexie féminine), qui se manifestent par une véritable coupure d’avec le monde, les anorexiques adoptent bien souvent un comportement « modèle » en société, qui rend la maladie difficile à remarquer pour l’entourage. En effet, la volonté de maîtrise de la personne atteinte s’étend au corps, au mode de vie et à la scolarité.
Une anorexique dort peu, est en suractivité physique et travaille énormément, si bien qu’elle figure souvent dans les premiers de sa classe et peut passer pour une grande sportive. Par ailleurs, beaucoup d’anorexiques s’emploient à dissimuler leur maigreur sous des vêtements larges. Un esprit sain dans un corps sain, pourrait-on ainsi penser, mais ce comportement devient très difficile à maintenir lorsque le corps se rebelle.
La négation de soi
Au début, les kilos perdus peuvent donner à l’anorexique un sentiment de légèreté, de plénitude mais les réalités physiologiques reprennent vite le dessus. L’amaigrissement important, jusqu’à 50% du poids initial, et très rapide entraîne d’abord la disparition des formes féminines (seins, fesses), des muscles (ce qui contraste avec la suractivité physique) et le creusement de l’abdomen.
La peau devient sèche et violacée, un duvet y pousse, les cheveux et les ongles sont fragiles et cassants. Puis vient l’aménorrhée, ou absence de règles, constante, absolue et bien tolérée par l’anorexique puisqu’elle contribue à la négation de sa féminité. Plusieurs autres complications médicales peuvent également survenir : arythmie cardiaque, déshydratation, constipation, étourdissements, frilosité excessive, problème de dentition…Enfin, l’anorexie peut entraîner des troubles psychologiques plus ou moins graves : dépression, anxiété, sautes d’humeur, troubles de la personnalité, tendances suicidaires.