Si l’on sait peu de choses sur les origines d’une anorexie, il est néanmoins possible de dégager certains facteurs favorisant son apparition : tensions familiales, traumatisme, puberté…Or ces éléments déclencheurs sont bien souvent identifiés après que la maladie a été diagnostiquée. L’anorexie se révèle par un régime ou un processus d’apparence semblable, selon les cas. Il peut s’agir d’un vrai régime avec une raison (plaire à quelqu’un) et un objectif chiffré. Une fois celui-ci atteint, on tombe dans l’engrenage de l’anorexie. Mais il peut également s’agir d’un régime injustifié, aussi bien d’un point de vue physique (aucun embonpoint) que psychologique et qui ne comporte aucun objectif de poids.
Contrairement à une idée répandue, l’anorexie n’implique en aucun cas un quelconque dégoût pour les aliments. Bien au contraire, les anorexiques démontrent souvent de réels talents culinaires qu’ils mettent au service de la famille, des amis à tel point que la cuisine peut devenir leur domaine réservé. Cependant, l’anorexique continue de s’appliquer une forte restriction alimentaire, associée à des rites spécifiques comme la pesée de chaque aliment ou une mastication particulièrement longue, si bien qu’il finit par fuir le moment du repas en commun.
Ce comportement ne signifie pas que l’anorexique n’a pas faim, au contraire, la sensation est bien là, mais beaucoup tirent de leur lutte contre la nourriture une grande satisfaction, une sensation de maîtrise.
Mais l’emprise de l’anorexique sur ses besoins vitaux s’écroule parfois, laissant place à de terribles phases de « gavage » où tous les aliments, surtout les plus caloriques, sont absorbés. C’est la boulimie. L’anorexie et la boulimie sont des maladies distinctes, il est possible de souffrir de l’une et non de l’autre mais il n’est pas rare de les trouver ensemble chez une même personne, à des moments différents.
Une crise boulimique est incontrôlable, elle ne s’arrête souvent que par l’épuisement, le dégoût ou l’impossibilité de manger davantage. S’ensuit alors un sentiment de honte, d’incapacité à se contrôler, de dégoût de soi et la nécessité impérieuse d’éliminer l’impact pondéral de cette crise par des vomissements provoqués, une restriction alimentaire accrue et une hyperactivité physique.
Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Mercredi 16 novembre 2011