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L’herpès le feu sauvage

L’herpès est un virus nommé herpès simplex virus (HSV) qui se décompose en deux types. Le HSV-1, plus répandu, est connu sous le nom d’herpès labial ou « bouton de fièvre ». S’il se développe en effet souvent au bord des lèvres, il peut également toucher d’autres parties du visage comme le nez, les yeux, le menton. C’est au HSV-2, ou herpès génital, que l’on doit l’aspect tabou de la maladie. Il peut pourtant apparaître au sein d’un couple stable, chez un partenaire fidèle, sans que celui-ci ait mené une vie dissolue auparavant. Le HSV-2 peut se développer sur les organes sexuels, sur les fesses et sur les cuisses.

Comment se transmet-il ?

Le virus reste à vie dans l’organisme et s’avère très contagieux en période de poussée. Il peut être dans les lésions, autour et dans les sécrétions en contact avec celles-ci. Il peut se transmettre par un simple baiser pour l’herpès labial et par rapport sexuel pour l’herpès génital. En cas de contact bucco-génital, le HSV-1 peut se transformer en HSV-2 chez le partenaire et inversement.

Un virus à conséquences psychologiques et sociétales

Si certains malades n’ont jamais développé de signes visibles d’herpès, les autres savent le plus souvent identifier une nouvelle crise. Mais en raison d’une méconnaissance générale de la maladie, et du fait que celle-ci peut toucher les parties les plus intimes, les malades peuvent avoir tendance à se replier sur eux-mêmes. Le virus a ainsi des conséquences sur la vie affective et sexuelle d’une personne ainsi que sur ses relations avec autrui. D’où l’importance de lever le tabou et d’en parler, notamment au sein du couple. En effet, le diagnostic d’herpès peut apparaître aux yeux d’une personne mal informée comme une preuve d’infidélité. Or il s’écoule parfois de longues années avant que les premiers symptômes du virus ne se déclarent. Par ailleurs, au cours d’une période de crise dans un couple stable, il devient absolument indispensable de se protéger lors d’un rapport sexuel et donc d’expliquer pourquoi. L’abstinence est même conseillée lors d’une période de poussé car on ne peut certifier que l’intégralité de la zone contaminée sera couverte par un préservatif.
Si les conséquences « annexes » de l’herpès génital sont avant tout psychologiques, ou limitées à la sphère privée, celles du HSV-1 sont également sociétales. D’une part, la lésion est visible donc gênante. D’autre part, en période de poussée, mieux vaut ne pas embrasser quelqu’un ou ne pas lui serrer la main, selon la localisation de la lésion. Mais si l’on exerce une profession « de contact », commercial par exemple, cette règle de prudence s’avère très difficile à respecter.

Comment agir lors d’une crise ?

Quand les symptômes d’une crise se manifestent, il ne faut pas hésiter à consulter un médecin qui pourra prescrire un traitement viral (application locale ou voie orale) permettant d’accélérer la cicatrisation, de diminuer la fréquence et la durée des poussées et de lutter conter la contagion. Selon la localisation de l’herpès, il peut être nécessaire de consulter un spécialiste (ophtalmologiste pour l’herpès oculaire par exemple). Par ailleurs, quelques conseils permettront aux personnes atteintes d’atténuer l’impact de la crise :
- Gardez les lésions parfaitement propres en les lavant avec de l’eau et du savon.
- Séchez les parties atteintes avec un sèche-cheveux à faible chaleur par exemple. Certains produits pharmaceutiques en vente libre permettent d’assécher des lésions comme le bouton de fièvre.
- Evitez de toucher la lésion et d’autres parties du visage : le virus pourrait s’y propager. Lavez-vous les mains lorsque celles-ci ont été en contact avec les lésions.
- N’humectez pas vos lentilles avec votre salive.
- Protégez-vous lors de relations sexuelles ou pratiquez l’abstinence si les lésions ne peuvent être intégralement couvertes par un préservatif.
- Ne portez pas de vêtements serrés qui gardent l’humidité.
- Ne grattez pas les lésions : vous risquez de retarder la cicatrisation et de permettre au virus de se nicher sous les ongles, donc de contaminer par la suite.
- Ne pansez pas les lésions : l’air sec aide à cicatriser.
- Ne partagez pas les serviettes ou gants de toilettes avec votre entourage ou votre conjoint.
- Evitez absolument tout contact avec les nouveau-nés, les personnes atteintes d’eczéma ou dont les défenses immunitaires sont affaiblies (femmes enceintes, personnes atteintes du sida, ayant subi une greffe ou une transplantation d’organe, sous chimiothérapie…)