
Peu connu, peu évoqué, l’herpès toucherait pourtant, sous ses deux principales formes, 10 millions de français, quel que soit leur mode de vie. Apprenez à connaître ce virus « tabou » et si présent…
L’herpès est un virus nommé herpès simplex virus (HSV) qui se décompose en deux types. Le HSV-1, plus répandu, est connu sous le nom d’herpès labial ou « bouton de fièvre ». S’il se développe en effet souvent au bord des lèvres, il peut également toucher d’autres parties du visage comme le nez, les yeux, le menton. C’est au HSV-2, ou herpès génital, que l’on doit l’aspect tabou de la maladie. Il peut pourtant apparaître au sein d’un couple stable, chez un partenaire fidèle, sans que celui-ci ait mené une vie dissolue auparavant. Le HSV-2 peut se développer sur les organes sexuels, sur les fesses et sur les cuisses.
Comment se transmet-il ?
Le virus reste à vie dans l’organisme et s’avère très contagieux en période de poussée. Il peut être dans les lésions, autour et dans les sécrétions en contact avec celles-ci. Il peut se transmettre par un simple baiser pour l’herpès labial et par rapport sexuel pour l’herpès génital. En cas de contact bucco-génital, le HSV-1 peut se transformer en HSV-2 chez le partenaire et inversement.
Un virus à conséquences psychologiques et sociétales
Si certains malades n’ont jamais développé de signes visibles d’herpès, les autres savent le plus souvent identifier une nouvelle crise. Mais en raison d’une méconnaissance générale de la maladie, et du fait que celle-ci peut toucher les parties les plus intimes, les malades peuvent avoir tendance à se replier sur eux-mêmes. Le virus a ainsi des conséquences sur la vie affective et sexuelle d’une personne ainsi que sur ses relations avec autrui. D’où l’importance de lever le tabou et d’en parler, notamment au sein du couple. En effet, le diagnostic d’herpès peut apparaître aux yeux d’une personne mal informée comme une preuve d’infidélité. Or il s’écoule parfois de longues années avant que les premiers symptômes du virus ne se déclarent. Par ailleurs, au cours d’une période de crise dans un couple stable, il devient absolument indispensable de se protéger lors d’un rapport sexuel et donc d’expliquer pourquoi. L’abstinence est même conseillée lors d’une période de poussé car on ne peut certifier que l’intégralité de la zone contaminée sera couverte par un préservatif.
Si les conséquences « annexes » de l’herpès génital sont avant tout psychologiques, ou limitées à la sphère privée, celles du HSV-1 sont également sociétales. D’une part, la lésion est visible donc gênante. D’autre part, en période de poussée, mieux vaut ne pas embrasser quelqu’un ou ne pas lui serrer la main, selon la localisation de la lésion. Mais si l’on exerce une profession « de contact », commercial par exemple, cette règle de prudence s’avère très difficile à respecter.
Plusieurs facteurs favorisent une poussée d’herpès :
On peut agir sur certains de ces facteurs afin de limiter les risques de crises et d’en éviter les conséquences.
Si les poussées d’herpès sont particulièrement fréquentes et vivaces (6 par an), votre médecin peut vous prescrire un traitement de fond préventif efficace, simple et bien toléré.
Les signes annonciateurs d’une « sortie » du virus sont des picotements, une sensation de brûlure, d’engourdissement ou de douleur localisés. Plusieurs jours après, des rougeurs apparaissent puis des petites cloques et enfin des croûtes jaunâtres. La cicatrisation peut prendre une dizaine de jours.
- Rend-il stérile ?
Non mais certaines précautions sont à prendre.
- Peut-on allaiter un bébé ?
Oui car le virus ne passe pas dans le lait maternel, sauf si la lésion se situe sur le bout du sein.
- S’attrape-t-il dans l’air ?
Non, uniquement par contact direct.
- Peut-on attraper l’herpès par contact avec un animal ?
Non, l’homme est seul porteur du virus.