La fatigue chronique


Une fatigue intense dont les causes restent souvent difficiles à déterminer et qui peut entraîner la cessation totale de l’activité, le syndrome de la fatigue chronique n’est pas à prendre à la légère.

Un diagnostic par élimination

Pas de test, pas de symptôme déterminant ou spécifique, la fatigue chronique est de ces affections auxquelles le médecin pense après avoir éliminé (en ayant prescrit une série d’examens) toutes les autres causes possibles de ces coups de barre prolongés plus qu’incommodant.

Ainsi pourra-t-il être amené à éliminer le diabète, les affections du coeur, du rein ou des poumons, la sclérose en plaques, le cancer, le VIH, l’hypothyroïdie ou encore certaines infections bactériennes. Il fera également le tour des médicaments pris par le patient et susceptibles d’engendrer une fatigue inhabituelle, tels que les traitements contre l’hypertension, les anti-inflammatoires, les antihistaminiques, les sédatifs ou les contraceptifs oraux.

Enfin, il s’efforcera d’écarter la possibilité d’une allergie alimentaire. Pour être diagnostiqué, le syndrome de fatigue chronique devra en outre présenter deux caractéristiques. D’abord, un état de fatigue intense constant depuis plusieurs mois, ayant contraint son patient à réduire ses activités de moitié. Ensuite, la présence de huit au moins des symptômes suivants : épuisement après un effort physique, gorge endolorie, maux de tête, faiblesse et douleur musculaires, douleurs dans les articulations, troubles du sommeil (hypersomnie ou insomnie), troubles de l’appétit (boulimie ou anorexie), côlon irritable, crampes abdominales, irritabilité, frissons, suées nocturnes, difficultés de concentration, pertes de mémoire, confusion et dépression.

La recherche toujours en phase exploratoire

Si les signes sont répertoriés, les causes du syndrome de la fatigue chronique restent, elles, «mystérieuses » ou évoquent le doute. Les chercheurs continuent d’explorer plusieurs pistes.

L’une des hypothèses émises a mis en avant un mauvais fonctionnement du système endocrinien ou du système neurologique. D’autres ont longtemps relié le virus d’Epstein-Barr, responsable de la mononucléose, au syndrome de la fatigue chronique, jusqu’à ce que l’on s’aperçoive que le virus n’était pas présent dans les organismes d’un grand nombre de personnes atteintes du syndrome.

La parenté avec la fibromyalgie (sensibilité anormale des muscles accompagnée d’une fatigue) a aussi été évoquée. Mais dans le cas de la fibromyalgie, l’exercice physique combat la fatigue des patients, alors que dans le cas de la fatigue chronique, il ne fait que l’augmenter. Dernier axe de recherche à suivre : le mauvais fonctionnement du système immunitaire, dû à des anomalies au niveau des anticorps.

Et si la psychologie y était pour quelque chose ?

Certains spécialistes refusent de croire à une réponse d’ordre physique.

Pour eux, les troubles nerveux seraient à l’origine de la fatigue chronique, l’organisme réagissant au stress qui l’agresse (et qu’il ne parvient pas à combattre), en se mettant en état de fatigue prolongée, autrement dit en déployant une panoplie de symptômes physiques caractéristiques.

Que près de la moitié des patients aient déjà présenté un ou plusieurs épisodes d'anxiété ou de dépression au cours des années précédant l’apparition des symptômes tendrait à donner en partie raison à cette thèse. Il est donc admis que le stress peut soit agir comme élément déclencheur du syndrome, soit aggraver les symptômes chez les personnes déjà victimes de fatigue chronique. Mais, en tout état de cause, il est bien clair que le syndrome est bel et bien une maladie réelle.

Quelles armes ?

Sans cause indiscutable et incontestée, les traitements proposés ciblent pour l’instant les différents symptômes qui viennent d’être cités.

Ainsi, le médecin pourra prescrire des anti-inflammatoires contre les douleurs musculaires, des antidépresseurs contre la dépression, ou encore des antiviraux pour agir sur le système immunitaire.

Les patients eux-mêmes ont un rôle à jouer dans leur propre « guérison », en évitant autant que possible les situations susceptibles d’engendrer un stress, en s’assurant que leur alimentation est équilibrée et que leur rythme de vie favorise un sommeil suffisant et réparateur et en modérant leurs exercices physiques pour ne pas ajouter à leur épuisement.

Bien s’alimenter
Une alimentation saine et équilibrée peut aider à traverser la journée sans ajouter de fatigue à la fatigue. Il est recommandé de démarrer avec un petit-déjeuner consistant, puis de s’alimenter régulièrement (toutes les quatre heures environ), afin que l’énergie apportée à l’organisme soit constante et optimale. Il est également conseillé de boire beaucoup d’eau (1 litre à 1,5 litre par jour), pour éviter la déshydratation et la fatigue qu’elle entraîne. Mieux vaut éviter l’alcool et proscrire les aliments riches en matières grasses et ceux qui sont susceptibles de provoquer des troubles digestifs. Les matières grasses ne devraient représenter que 30 % du total des calories. Si le café, le thé et les boissons sucrées peuvent donner un utile coup de fouet, il ne faut toutefois pas en abuser car ils contribuent généralement à augmenter le stress.

Définition

Clairement défini il y a une vingtaine d’années, le syndrome de fatigue chronique est aujourd’hui reconnu comme une véritable maladie qui peut durer quelques mois ou quelques années (avec des périodes d’amélioration, puis de rechute). Il peut frapper à peu près tout le monde, même si les femmes sont davantage recensées, peut-être simplement parce qu’elles consultent plus facilement que les hommes. Son développement peut être graduel, mais il peut également apparaître de façon subite, après une maladie ou une infection aiguë, comme la mononucléose. Mais l’un des principaux « facteurs source » reste le stress prolongé.