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Gare aux gerçures, aux engelures et à l’hypothermie

Les gerçures sont des fissures douloureuses qui apparaissent essentiellement sur des lèvres ou des mains desséchées par le froid et le vent. On les évite en se protégeant les mains avec une crème hydratante plus des gants et les lèvres avec une pommade ou un baume à base de vitamines A et E, de beurre de cacao, de karité ou de glycérine.

Pour les soigner, il faut les enduire de crème émolliente et nourrissante, mais éviter le lavage au savon qui enlève les graisses naturelles de la peau, les recouvrir éventuellement d’un pansement pendant une demi-journée et consulter un médecin si la plaie se met à saigner ou s’infecter.

Les engelures sont des lésions rouges aux mains, aux pieds et aux oreilles qui démangent, provoquées par une exposition prolongée à une température inférieure à 0° C. Elles sont la conséquence de la vasoconstriction, un phénomène naturel de lutte contre le froid, aggravé par l’humidité, le vent, l’altitude, l’épuisement et la consommation d’alcool, se traduisant par la raréfaction des échanges sanguins à la périphérie du corps. Les extrémités sont “ sacrifiées ” pour préserver la température du noyau central de l’organisme (coeur, cerveau, poumons).

Prévenir les engelures exige de porter des chaussures isolant bien du sol, des gants épais, un cache-col ou un passe-montagne, mais aussi de consommer des boissons chaudes et de penser à se découvrir pendant l’effort pour se recouvrir ensuite. Pour traiter les engelures superficielles, il faut réchauffer les zones atteintes le plus tôt possible dans une eau à 37° C additionnée d’un antiseptique doux pour éviter des complications. Pour des gelures profondes, il est indispensable de consulter un médecin qui pourra prescrire un traitement adapté à la gravité du cas (vasodilatateur, anti-agrégant plaquettaire, anti-inflammatoire, thrombolytique…), voire une intervention chirurgicale pour enlever les ampoules et nécroses superficielles (à ne jamais enlever soi-même).

L’hypothermie se définit par la chute de la température centrale du corps au-dessous de 35° C. Elle est dite “légère” à 35-34° C : la peau est pâle et froide, la personne frissonne, a des douleurs musculaires diffuses, une accélération des battements de coeur et du mal à respirer. En hypothermie “modérée”, entre 34 et 32° C, la peau prend un aspect cadavérique, les frissons disparaissent, la personne respire lentement, ses battements de coeur ralentissent…

En hypothermie “sévère”, entre 32 et 25° C, la rigidité musculaire s’installe, la peau devient bleue, la respiration et le rythme cardiaque sont gravement altérés, le coma s u rvient. L’hypothermie “majeure”, sous les 25° C, débouche sur la mort apparente, avec coma profond et arrêt cardio-respiratoire probable. Pour secourir la victime d’une hypothermie, couvrez-la et alertez d’urgence les secours par le 15. Veillez aussi à la bouger le moins possible pour éviter l’arrêt cardiaque. Contrairement à une idée fausse très répandue, il est capital d’éviter tout réchauffement brusque : jamais de massages, de frictions, de flagellation, d’exposition à une forte source de chaleur…

Si l’on est soi-même victime d’une hypothermie, lors d’une balade en montagne par exemple, la conduite à tenir, en attendant les secours, est de se protéger le mieux possible du froid (en particulier la tête) et de s’isoler du sol, de boire doucement un liquide chaud, si possible, d’adopter une position de survie en se repliant sur soi-même, d’éviter d’uriner (pour conserver une “bouillotte” de liquide chaud dans la vessie) et de rester éveillé coûte que coûte.