
Bête noire des parents et des enseignants, le pou élit domicile exclusivement chez l'homme. Responsable de maladies parasitaires fréquentes et contagieuses (les pédiculoses), il joue à cache-cache avec ses victimes qui se grattent la tête pour trouver la solution qui l'empêchera de passer de l'une à l'autre.
Il traîne derrière lui une sale réputation. Longtemps associé à de mauvaises conditions de vie, le pou a survécu aux progrès de l'hygiène. Le pou a la peau dure et s'accroche à ses victimes, surtout les enfants. Le pediculus humanus capitis, plus connu sous le nom de « pou de tête », est le plus répandu et heureusement le plus bénin puisqu'il ne transmet pas d'agents pathogènes.
Il, ou plutôt elle (car le colonisateur ici est la femelle), a pour terrain de prédilection le cuir chevelu. Madame pou y pond des oeufs, les lentes, sorte de petits sacs, fixées au cheveu par une colle très puissante. Une seule semaine suffit à ces lentes pour devenir un pou adulte. Ces poux pratiquent l'égalité parfaite.
Pour eux, une tête en vaut une autre, quels que soient l'environnement social et l'hygiène du sujet ! La promiscuité et l'échange de vêtements entre les enfants font de l'école le théâtre favori de leurs explorations capillaires.
Le principal et, en tout cas, premier signe qui permet de savoir si on a attrapé des poux, ce sont les démangeaisons constantes qui peuvent aller jusqu'aux lésions cutanées tant le besoin de gratter est irrépressible (les zones les plus sensibles sont les tempes et la nuque).
Un oeil exercé détectera sans doute les lentes sur un vêtement, un bonnet, une écharpe, qui se distinguent à coup sûr de la pellicule par leur attache tenace au cheveu.
La première chose à retenir est qu'on ne guérit pas spontanément d'une infection par les poux. La deuxième est que seule une pédiculose active, c'est-à-dire avec des poux et/ou des lentes vivantes, justifie un traitement. La troisième, enfin, est que laisser traîner la maladie peut entraîner une surinfection bactérienne.
Une visite chez le médecin est parfois recommandée si le traitement habituel précédemment utilisé reste sans effet patent après deux ou trois jours ou si l'enfant ne peut recevoir de traitement classique en raison de problèmes cutanés avérés. Le praticien saura alors indiquer la meilleure manière de se débarrasser des encombrants colons, et veillera à écarter tout risque de complication, l'apparition d'un impétigo par exemple. Néanmoins, en règle générale, ce type de pédiculose n'entraîne pas de complications.
Deux types de traitement sont préconisés. Tout d'abord, un traitement local, destiné à tuer poux et lentes. Il existe des lotions, crèmes et poudres à base de lindane, de malathion ou de pyréthrinoïdes qui ont longtemps été très efficaces. Hélas, depuis dix ans, des cas de résistance ont été rapportés en France, puis en Israël, aux États-Unis et en Angleterre.
Avec ce terrible constat, ces petites bêtes s'habituent aux produits insecticides, produisent des anticorps efficaces et survivent de plus en plus nombreux aux lotions. Un véritable casse-tête pour les mères de famille, mais également pour les chercheurs ! C'est pour cela qu'il est nécessaire souvent de renouveler les traitements. Pour gagner la guerre contre les poux, il est nécessaire d'effectuer de grands nettoyages. Vêtements, literie, mais aussi doudous, peluches et accessoires de coiffure doivent être décontaminés, soit par un lavage à 60° minimum, soit par un antiparasitaire spécifique. Et, comme il vaut toujours mieux prévenir que guérir, frères et soeurs, voire parents, ne perdront rien à subir un examen en famille, notamment un « ratissage » en règle au fameux peigne fin !
Les établissements scolaires, en particulier les enseignants des classes de maternelle et primaire, se chargent, eux, de tirer la sonnette d'alarme dès qu'une invasion est annoncée dans l'établissement. Les parents des enfants touchés doivent avoir le réflexe d'avertir le professeur, sans développer de sentiment de honte. Quant aux autres, ils doivent veiller à respecter les consignes de précaution. Parfois, une éviction provisoire est décidée. Cela peut notamment arriver lorsqu'il y a surinfection bactérienne, ce qui est plutôt rare.
Le premier conseil à donner aux parents est de temps en temps de jeter un oeil attentif sur les têtes de leur progéniture, surtout celles qui arborent des chevelures longues. Détecter très tôt une tribu en voie de colonisation est le meilleur moyen de venir efficacement à bout du pou…
- Certaines personnes utilisent des « remèdes maison », comme la mayonnaise, la gelée de pétrole, l'huile d'olive ou la margarine.
Peu agréables pour l'enfant mais pas vraiment intolérables pour les poux qui peuvent avoir de la difficulté à respirer à cause de ces produits, mais n'en mourront probablement pas.
- Aucune donnée vérifiée ne démontre que des produits comme l'huile de thé ou l'aromathérapie sont efficaces dans le traitement des poux de tête.
- N'utilisez jamais d'essence ou de kérosène. Ces produits sont extrêmement dangereux.