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Recrudescence de la syphilis, du sida et des infections à l'hpv

 À force de voir des campagnes contre les IST et le sida, on pensait que le risque IST avait beaucoup diminué. On se trompait, comme le montrent diverses enquêtes.

L'an passé, des chercheurs américains ont ainsi mis en garde les femmes contre l'infection à l'human papilloma virus (HPV). Cette IST est en effet la première cause de cancer du col de l'utérus. Le nombre de nouveaux cas d'infections à l'HPV augmente considérablement : 47 000 par an dépistés par les dermatologues, comme le confirme l'un d'eux, le Dr Florence Dupuis.

Autre exemple révélateur du retour des IST en France et ailleurs, l'explosion récente du nombre de cas de syphilis (47 en 2000, 401 en 2002 !), une maladie que l'on croyait disparue, comme le révélait le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'Institut national de veille sanitaire (INVS) en 2005.

« Les IST ne doivent plus être considérées comme des maladies honteuses, insiste le Dr Philippe Arsac, chef de service hospitalier de médecine interne, car elles peuvent survenir sans qu'elles soient le témoin d'une aventure extra-conjugale. Certaines donnent des symptômes, d'autres pas. Au moindre signe suspect sur les organes génitaux, il faut consulter un centre de dépistage ou son médecin traitant. En règle générale, il ne faut pas hésiter à se faire dépister,même en l'absence de tout symptôme si l'on a eu un rapport sexuel à risque. » « La plupart des IST augmente le risque de transmission du sida », ajoute le Dr Florence Dupuis.

À propos du sida justement, l'époque est révolue où l'on parlait sans cesse des ravages du VIH dans les médias. Depuis l'avènement des trithérapies, beaucoup de personnes semblent presque avoir oublié que ce virus continue à tuer impitoyablement et que les traitements actuels ne font qu'allonger l'espérance de vie, sans guérir de la maladie. L'INVS a publié en juin 2005 un communiqué rappelant que « les comportements sexuels à risque se maintiennent à un niveau préoccupant parmi la population homosexuelle masculine ». Ce constat corrobore les conclusions d'un Baromètre Gay de 2002 réalisé dans les lieux de rencontre homosexuels soulignant le relâchement du réflexe préventif : plus de la moitié des personnes interrogées indiquait avoir eu plus de 10 partenaires sexuels au cours des 12 derniers mois et un tiers au moins une pénétration anale non protégée…

Ces résultats ne sont pas livrés pour jeter l'opprobre sur la communauté gay, qui a d'ailleurs plus fréquemment recours au dépistage que le reste de la population, mais pour mettre en garde chaque Français contre la persistance de la transmission active du VIH.