Été rime avec IST


Les beaux jours sont la période privilégiée pour faire des rencontres amoureuses, donc risquer de contracter une infection sexuellement transmissible (IST) si l'on n'y prend garde. Or l'époque est malheureusement au relâchement injustifié de la vigilance face au sida et toutes les autres IST…

Recrudescence de la syphilis, du sida et des infections à l'hpv

Les infections sexuellement transmissibles (IST) - nouvelle appellation des maladies sexuellement transmissibles (MST) - sont des infections susceptibles de se transmettre lors de tous types de rapports sexuels : génitaux, oro-génitaux ou ano-génitaux. Chez la femme, les symptômes sont souvent des pertes vaginales anormales, des saignements après des rapports sexuels ou entre les règles, des douleurs abdominales ou pelviennes, des démangeaisons, des rougeurs… Chez l'homme, une IST se signale par un écoulement pénien, une brûlure en urinant, un gonflement ou des douleurs testiculaires…

La plupart des IST traitées à temps (et chez tous les partenaires !) se guérissent en général sans séquelle grâce à des antibiotiques. En revanche, un traitement tardif peut ne pas suffire pour éviter des complications, par exemple la stérilité. Le problème de stérilité d'un couple sur trois serait ainsi dû à une IST mal ou tardivement traitée.

 À force de voir des campagnes contre les IST et le sida, on pensait que le risque IST avait beaucoup diminué. On se trompait, comme le montrent diverses enquêtes.

L'an passé, des chercheurs américains ont ainsi mis en garde les femmes contre l'infection à l'human papilloma virus (HPV). Cette IST est en effet la première cause de cancer du col de l'utérus. Le nombre de nouveaux cas d'infections à l'HPV augmente considérablement : 47 000 par an dépistés par les dermatologues, comme le confirme l'un d'eux, le Dr Florence Dupuis.

Autre exemple révélateur du retour des IST en France et ailleurs, l'explosion récente du nombre de cas de syphilis (47 en 2000, 401 en 2002 !), une maladie que l'on croyait disparue, comme le révélait le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'Institut national de veille sanitaire (INVS) en 2005.

« Les IST ne doivent plus être considérées comme des maladies honteuses, insiste le Dr Philippe Arsac, chef de service hospitalier de médecine interne, car elles peuvent survenir sans qu'elles soient le témoin d'une aventure extra-conjugale. Certaines donnent des symptômes, d'autres pas. Au moindre signe suspect sur les organes génitaux, il faut consulter un centre de dépistage ou son médecin traitant. En règle générale, il ne faut pas hésiter à se faire dépister,même en l'absence de tout symptôme si l'on a eu un rapport sexuel à risque. » « La plupart des IST augmente le risque de transmission du sida », ajoute le Dr Florence Dupuis.

À propos du sida justement, l'époque est révolue où l'on parlait sans cesse des ravages du VIH dans les médias. Depuis l'avènement des trithérapies, beaucoup de personnes semblent presque avoir oublié que ce virus continue à tuer impitoyablement et que les traitements actuels ne font qu'allonger l'espérance de vie, sans guérir de la maladie. L'INVS a publié en juin 2005 un communiqué rappelant que « les comportements sexuels à risque se maintiennent à un niveau préoccupant parmi la population homosexuelle masculine ». Ce constat corrobore les conclusions d'un Baromètre Gay de 2002 réalisé dans les lieux de rencontre homosexuels soulignant le relâchement du réflexe préventif : plus de la moitié des personnes interrogées indiquait avoir eu plus de 10 partenaires sexuels au cours des 12 derniers mois et un tiers au moins une pénétration anale non protégée…

Ces résultats ne sont pas livrés pour jeter l'opprobre sur la communauté gay, qui a d'ailleurs plus fréquemment recours au dépistage que le reste de la population, mais pour mettre en garde chaque Français contre la persistance de la transmission active du VIH.

Jamais sans préservatif

La société toute entière doit donc se remobiliser pour prévenir le sida, une maladie qui reste incurable : jamais de rapport sexuel avec un partenaire occasionnel sans préservatif (masculin ou féminin) et, en cas de prise de risque, rendez-vous en urgence chez un médecin pour envisager un dépistage, voire un traitement préventif, qui n'éliminera pas totalement le risque de contamination.

Ne pas se protéger soi-même et ses partenaires en se disant qu'il existe désormais des médicaments contre le sida relève du pari stupide.

Ces traitements, qui associent plusieurs antirétroviraux afin de freiner la progression de la maladie et de restaurer toute ou partie de l'immunité, restent inefficaces sur une partie des malades. Ils sont aussi parfois mal tolérés par les patients, et provoquent des effets secondaires gênants, comme la modification de la répartition du tissu adipeux (la graisse) sur le corps, des troubles métaboliques ou des effets toxiques. Mieux vaut donc prévenir que ne pas guérir.

IST, comment s'y retrouver

La blennorragie ou gonorrhée ou «chaude-pisse» est la plus ancienne des maladies vénériennes connues.

Elle se manifeste, chez l'homme, par une inflammation de l'urètre,un écoulement jaunâtre et de vives brûlures en urinant, chez la femme par des pertes blanches et des inflammations locales.

Elle peut causer une stérilité ultérieure et se transmettre de la mère à l'enfant pendant l'accouchement.

La syphilis ou « vérole », très contagieuse.
Au stade primaire, elle se signale par l'apparition d'un chancre indolore (une ulcération de 3 à 5 mm de diamètre) sur les organes génitaux, mais aussi parfois sur les lèvres ou dans la bouche.
Cette maladie se transmet aussi de la mère à l'enfant pendant la grossesse et peut déboucher sur des complications graves après 10 à 15 ans d'évolution.

L'infection à Human Papilloma Virus (HPV) est provoquée par un virus de la famille des verrues. Elle se manifeste sur le col de l'utérus, le vagin, la vulve et autour de l'anus, chez la femme, et sur le sexe, chez l'homme.
Cette infection peut être à l'origine d'un cancer du col de l'utérus au terme de 10 à 15 ans d'évolution.
Nombreuses sont les personnes porteuses du virus, qui peut se transmettre par simple contact, et le transmettent à autrui sans le savoir… Un vaccin est en préparation.

L'herpès est une maladie très contagieuse existant sous deux formes : l'herpès labial (ou « bouton de fièvre ») au bord des lèvres ou sur toute autre partie du visage (nez, bouche,oeil) ou du corps, et l'herpès génital.

L'hépatite B, maladie grave du foie, très contagieuse, se transmet par les rapports sexuels ou par contact avec du sang ou des liquides organiques (sperme, sécrétions vaginales et lait maternel) infectés.

Le VIH, virus de l'immunodéficience humaine, à l'origine du SIDA, se trouve dans les liquides organiques (sang, sperme, sécrétions vaginales) des personnes infectées.

Le sida survient lorsque le système immunitaire est affaibli par l'infection au VIH, ce qui limite l'aptitude naturelle de l'organisme à lutter contre d'autres infections et maladies.