Le tabac


Toux matinale, manque de souffle, peur du cancer ou incitation financière, rien n'y fait: vous inhalez chaque jour votre dose de nicotine. Et si le temps était venu d'arrêter ? De nombreux soutiens médicaux et paramédicaux existent aujourd'hui pour accompagner les fumeurs dans le sevrage tabagique, mais sans la volonté individuelle, les tentatives sont souvent vouées à l'échec.

Essayer est déjà un grand pas

Un travail important car la motivation peut faire son chemin. Le fumeur n'entamera peut-être pas le programme cette fois-ci mais sa réflexion peut mûrir et l'amener à se représenter plus tard, dans des dispositions plus solides pour faire face au sevrage.

"Quelqu'un qui a essayé d'arrêter sans y parvenir est dans la bonne voie, explique Carmen Gaziano, (responsable du Service Education pour la Santé dans une CPAM). Ce ne sera plus jamais un fumeur insouciant et ses futures tentatives pour arrêter de fumer porteront leurs fruits à terme."

Quelles que soient les techniques utilisées, aucune n'a de vertu "magique": acupuncture, substituts nicotiniques (patchs, gommes, inhalateurs, médicaments (Ziban) accompagnent la volonté de stopper mais ne la remplacent pas. "Les dépendances au tabac sont différentes, explique Pascale Huguet.

Certains tests réalisés en début de programme permettent d'identifier s'il s'agit plutôt d'une dépendance physique à la nicotine, d'une dépendan ce psychique ou d'une dépendance comportementale (le geste, l'habitude). Pour un fumeur dépendant physiquement, les substituts nicotiniques constituent une aide importante. Ils permettent d'éviter les symptômes de manque physiques qui se traduisent par de l'irritabilité, des problèmes de sommeil, des angoisses, des fringales…

Au fur et à mesure des semaines de sevrage, on diminue la dose de nicotine des substituts." Ce palliatif temporaire permet à l'usager de percevoir les effets bénéfiques de l'arrêt du tabac sans souffrir du manque physique : meilleur souffle, teint frais, goût des aliments retrouvé, fierté de ne plus être esclave, et économies sur le long terme. "Au dispensaire, la prise en charge est gratuite aussi bien dans une phase de préparation q ue dans l'arrêt et le suivi."

Les accompagnements pluridisciplinaires

Problème de santé publique très important en France, le tabac a suscité de nombreuses réflexions depuis une dizaine d'années. Elles ont abouti pour beaucoup à la mise en place d'équipes pluridisciplinaires. "Lorsqu'on veut arrêter le tabac, plusieurs facteurs sont à prendre en compte : la peur du manque, de la prise de poids et de l'échec peuvent contrecarrer la volonté, explique Carmen Gaziano. C'est pourquoi il est important que l'équipe d'accompagnement au sevrage soit constituée de différents spécialistes : tabacologue, diététicien, psychologue, acupuncteur, médecin interviennent donc plus ou moins en fonction de la personne demandeuse."

Seul ou en groupe

À l'hôpital de Saint-Nazaire, par exemple, en plus des sevrages individuels proposés par le Centre d'Examens de Santé de la CPAM, des sevrages de groupes sont organisés sept à huit fois par an. 15 à 20 personnes y participent, à raison de deux heures par jour pendant une semaine et un mois de substituts nicotiniques gratuits est proposé.

Une sixième séance est organisée la semaine suivante, afin de voir si le cap du 1er week-end sans tabac s'est bien passé et comment s'est déroulée la gestion du manque. Les participants sont ensuite régulièrement recontactés par téléphone un mois après, par courriers dans l'année qui suit. "Après le sevrage, deux rendez-vous sont possibles avec notre diététicienne, mais nous conseillons aux gens d'attendre trois ou quatre mois avant de la rencontrer car tout vouloir gérer en même temps peut entraver le processus d'arrêt", précise Carmen Gaziano.

Au dispensaire, l'équipe propose plus spécialement une aide individuelle. "Après une première réunion d'informations (qui a lieu une fois par mois), la personne décidée à arrêter prend un rendez-vous avec un ou plusieurs membres de l'équipe", explique Pascale Huguet. Ces consultations et entretiens durent en moyenne trois quart d'heure et l'on y travaille à partir des motivations, déterminantes quel que soit le type de sevrage. Malgré un désir fort d'arrêt une personne peut continuer à fumer. Dans ce cas, l'équipe du dispensaire accompagne tout de même ces personnes et nous travaillons alors sur la culpabilité à fumer, les contradictions, les freins, les appréhensions…

Bien qu'il soit licite, le tabac est une drogue et il n'est pas si simple de s'en défaire. Sans substituts nicotiniques, les effets physiques du manque se font sentir plusieurs semaines. Une fois sevré, il peut être difficile de dire qu'on ne refumera jamais."Certains y arrivent, d'autres reprennent, d'autres encore veulent simplement diminuer leur consommation de cigarette, tous veulent reprendre le contrôle de leur santé et des petits matins frais, rayer de leur vie les "clous de cercueil" comme disait l'acteur Humphrey Bogart, mort d'un cancer des poumons à 58 ans.

Pour aider les fumeurs

La meilleure prévention est sans doute d'inciter les jeunes à ne pas fumer la première cigarette. Des actions de sensibilisation sont orga nisées dans les écoles et dans les entreprises. Par ailleurs, chaque département possède une consulta tion anti-tabac dans ses grands cent res hospitaliers, voire dans d'autres structures de prévention santé.

Pour connaître leur adresse, contactez :

- DROGUES, ALCOOL, TABAC INFO SERVICE,
au 113 (gratuit)
ou sur Internet:
www.drogues.gouv.fr
Ce service national d'accueil téléphonique, anonyme et gratuit pour l'information et la prévention en matière de drogues, fonctionne 24h/24.

- LIGNE TABAC INFO SERVICE,
au 0 825 309 310
(15 centimes par min),
tous les jours de 8h à 22h