Les progrès de la recherche
Pour de nombreux malades diabétiques, l'espoir passe par les progrès de la recherche tous azimuts.
Dans le domaine pharmacologique, de nouveaux médicaments contre l'insulinorésistance (diabète de type 2), appartenant à la famille dite des " thiazolidines ", ont commencé à faire leur apparition. En matière d'administration de l'insuline, les chercheurs s'efforcent de trouver des solutions moins agressives (par spray ou par " patch ", en particulier), que la traditionnelle injection, mais celles-ci se révèlent pour le moment insuffisamment efficaces. La délivrance d'insuline par pompe implantable dans l'abdomen ou portable sur soi (dans une poche ou un soutien-gorge, par exemple) est en revanche une technique en plein essor. " Les pompes portables, en particulier, à condition d'être utilisées soigneusement, constituent un bon moyen pour le malade diabétique d'être équilibré en permanence sur le plan glycémique ", explique Alain Belcourt, directeur de recherches et vice-président du CEED (Centre Européen d'Etude du Diabète, à Strasbourg).
La thérapie génique s'annonce, elle aussi, comme une voie prometteuse pour l'avenir, deux laboratoires ayant réussi au printemps dernier à mettre en évidence des gènes associés à l'obésité et au diabète. Par ailleurs, en Suède, une équipe teste actuellement un vaccin contre le diabète de type 1 destiné à prévenir la destruction des cellules bêta des îlots de Langerhans, dans le pancréas, qui fabriquent l'insuline, sans que l'on puisse dire encore si ce vaccin " marchera " durablement. Pour l'heure, les recherches les plus encourageantes, menées notamment au CEED, portent sur les greffes. La greffe du pancréas naturel aboutissant souvent à un rejet par l'organisme et les traitements anti-rejet s'avérant souvent toxiques, des chercheurs travaillent à la création d'un pancréas bioartificiel : une membrane artificielle permettant des échanges avec l'organisme et contenant des îlots de Langerhans, eux-mêmes extraits du pancréas de donneurs (en petit nombre, hélas) ou qui pourraient être cultivées à partir de cellules-souches d'embryon, de cordon ombilical, de placenta ou d'animaux comme le porc. Ce pancréas bio-artificiel pourrait, selon Alain Belcourt, être testé sur l'homme à l'horizon 2006-2007.