Le diabète


En seulement 10 ans, alors que les messages d'information et de prévention se sont multipliés, le nombre de personnes diabétiques est passé de 1,6 à 2,9 millions. A cela s'ajoute les diabétiques qui s'ignorent (environ 500 000, à 600 000, voire 700 000)*. Le gros des effectifs concerne toujours les diabétiques de type II, non insulinodépendants (DNID), mais le chiffre des diabétiques de type I, insulinodépendants (DID), est en progression également.*

Définition

Le diabète est une maladie chronique grave qui se caractérise par une " hyperglycémie " (un excès de " glucose " - de sucres ou " glucides ", le principal " carburant " de notre organisme - dans le sang). Le taux de glucose ou " glycémie " est régulé par l'insuline, une hormone sécrétée par le pancréas. Le diabète est dû à la production inadaptée d'insuline, qui devient incapable de contrôler le taux de glucose dans le sang.

Il existe, pour l'essentiel, deux grands types de diabète, le diabète de " type 2 ", le plus courant, et le diabète de " type 1 ", moins fréquent.

Le diabète de type 1 

appelé auparavant "diabète insulino-dépendant" (DID), dit "maigre" ou "juvénile", touche surtout des jeunes. Il est provoqué par la destruction progressive des cellules du pancréas (les cellules " bêta " des îlots de Langerhans) qui sécrètent l'insuline. L'organisme fabrique des anticorps contre son propre pancréas, sans que l'on sache véritablement à quoi est dû ce mécanisme, qualifié d'" auto-immun ". Cette forme de diabète a pour symptômes l'amaigrissement de la personne, une soif intense et le besoin d'uriner fréquemment.

Le diabète de type 2

ou "diabète non insulino-dépendant" (DNID), dit "gras" ou de "maturité", touche surtout les personnes de plus de 50 ans, même si on le voit désormais apparaître de plus en plus tôt. Il est favorisé par des facteurs génétiques (un enfant dont l'un des parents est diabétique a une chance sur trois de le devenir lui-même) ou environnementaux : sédentarité, alimentation déséquilibrée, trop riche, surpoids. A cause de l'excès de graisses dans l'organisme, les cellules deviennent plus résistantes à l'insuline (ou " insulinorésistantes " et le pancréas lui-même ne sécrète pas assez d'insuline.

* Association française des diabétiques

Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Lundi 30 janvier 2012

Hyperglycémie/hypoglycémie

À l’origine du diabète, au niveau de l’abdomen, derrière l’estomac, devant et au-dessus des reins, se trouve un organe, le pancréas. Celui-ci comporte deux parties distinctes dont l’une, dite « endocrine », ne représente qu’1 % de son nombre de cellules et de sa masse. C’est pourtant là que se situent les îlots de Langerhans, sortes d’usines chargées de produire l’insuline, une hormone permettant de réguler la glycémie, c’est-à-dire la concentration de glucose dans le sang. Or le glucose est un carburant essentiel à notre organisme.
Une fois déclaré, le diabète au quotidien est surtout une question de glycémie.
Chez les diabétiques, celle-ci connaît des variations extrêmes : du trop-plein, c’est l’hyperglycémie, au trop peu, c’est l’hypoglycémie. Le traitement thérapeutique (alimentation, activité physique en premier puis souvent médication) vise donc un équilibre entre les deux.
L’hyperglycémie peut avoir de nombreuses causes, comme une surconsommation de sucre, une diminution de l’activité physique, un mauvais dosage des médicaments, le stress, une infection grave comme la pneumonie ou encore la prise de médicaments déconseillés. Elle se traduit par les symptômes communément associés au diabète : élimination excessive d’urine, grande soif, faim accrue, fatigue.

L’hypoglycémie
a bien sûr des causes inverses, comme une consommation insuffisante de sucre, une augmentation de l’activité physique, l’alcool, un repas sauté ou un surdosage de médicament (insuline par exemple). Elle se traduit par des tremblements, des sueurs, des étourdissements, des palpitations, de la fatigue, des bâillements, une pâleur et, si elle n’est pas traitée, une perte de conscience éventuellement accompagnée de convulsions.

Dans les deux cas, l’un des premiers réflexes doit être de mesurer la glycémie. On utilise généralement pour ça un autopiqueur, qui permet de prélever une goutte de sang au bout du doigt, et un lecteur de glycémie, qui analyse l’échantillon et donne le taux de glucose sanguin. En fonction du résultat, il faudra ajuster soit par le biais de l’alimentation (des glucides pour une hypoglycémie), soit par une injection d’insuline. En revanche, si la glycémie est supérieure à 20 millimoles par litre, soit 3,60 g par litre, il faut consulter un médecin d’urgence.

Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Jeudi 17 novembre 2011

Les signes avant-coureurs

Les signes révélateurs d'un diabète peuvent être la soif et/ou l'envie fréquente d'uriner.

Il convient également de consulter régulièrement son médecin en cas de facteurs prédisposants, comme la surcharge pondérale et l'existence d'un parent diabétique au premier degré, Prévenir l'apparition du diabète implique de faire preuve de vigilance le plus tôt possible, surtout si l'on a un profil à risque (parent diabétique au premier degré, hypertension artérielle, hypercholestérolémie et/ou hypertriglycéridémie, intolérance aux glucides, surpoids, poids de naissance supérieur à 4 kg, diabète de grossesse). Cette vigilance s'appuie sur un programme de surveillance de la glycémie à jeun établi par le médecin et sur l'adoption d'un mode de vie sain : un régime alimentaire équilibré (limité en aliments glucidiques à index glycémique élevé et en alcool, sans tabac), associé à une activité physique régulière (30 minutes par jour de natation, de vélo ou de marche, par exemple). Le traitement du diabète repose lui aussi avant tout sur ces mesures diététiques et physiques, parfois associées à un traitement médical. Le patient est tenu de s'auto surveiller, en contrôlant régulièrement son taux de sucre dans le sang, à l'aide d'un lecteur de glycémie, afin de corriger son alimentation en fonction des résultats. Il doit se piquer légèrement le bout du doigt avec un " stylo-seringue ", recueillir une goutte de sang sur une bandelette spéciale et introduire celle-ci, une fois sèche, dans un lecteur aux allures de calculette qui affiche automatiquement le taux de sucre.

Cette auto surveillance doit être complétée par des bilans sanguins et analyses d'urine réguliers prescrits par le médecin. Le diabétique doit aussi s'astreindre à consulter une fois par an son ophtalmologiste pour faire un fond de l'oeil (qui permet de visualiser et d'apprécier l'état des vaisseaux sanguins) et son cardiologue pour vérifier l'état de son coeur (par électrocardiogramme). Le traitement médical consiste, dans un premier temps, en des médicaments anti-diabétiques oraux. En cas de complication ou de déséquilibre persistant, le médecin peut aussi prescrire des injections de doses d'insuline (impératives dans la prise en charge du diabète de type 1), à l'aide d'un stylo injecteur (quasi indolore). Le diabète étant une maladie qui à l'heure actuelle ne se guérit pas, les règles de bonne hygiène de vie et le traitement médical doivent être observés tout au long de l'existence.

Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Jeudi 17 novembre 2011

Les complications

Le diabète peut provoquer des complications graves, handicapantes, voire mortelles.

Il peut ainsi endommager les reins, les yeux, les nerfs et les artères (avec risque d'hypertension artérielle, d'infarctus du myocarde ou d'artérite des membres inférieurs, par exemple). Il peut être aussi cause d'impuissance chez les hommes et favoriser diverses infections, cutanées, buccales, gynécologiques ou des pieds (pouvant déboucher sur des ulcérations ou des gangrènes. Le diabète se dépiste au moyen d'une analyse de sang servant à mesurer la "glycémie". Ce taux est normal s'il est inférieur à 1,10 g/l après 8 heures de jeûne et à 1,40 g/l après un repas. A partir de 1,26 g/l mesuré à deux reprise à jeun, il y a diabète.

Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Vendredi 09 décembre 2011

Suivre son diabète

  • Hémoglobine glyquée (prise de sang) : 3 à 4 fois par an.
  • Microalbuminurie (analyse d'urine) : 1 fois par an.
  • Fond d'œil : 1 fois par an.
  • Electrocardiogramme de repos : 1 fois par an.
  • Examen des pieds : 3 à 4 fois par an.

Auteur : Clément GILBERT, journaliste SPHERIA Val de France
Dernière modification : Jeudi 17 novembre 2011