Dormir sans médicaments ni ronflements
Si l'on ne peut trouver le sommeil qu'avec l'aide de somnifères, c'est qu'il y a un problème. Aussi ne fautil jamais en prendre de sa propre initiative, de manière anodine, sans avoir consulté le médecin, qui aura rédigé une ordonnance avec une posologie précise, en général de courte durée, révisable régulièrement et à suivre à la lettre.
La prise d'hypnotiques en même temps que de l'alcool peut avoir des effets amnésiants et surtout la consommation en continu de ces médicaments peut déboucher sur une accoutumance, un syndrome de manque si l'on arrête d'en consommer, avec un rebond d'insomnie. En outre, ces médicaments ont souvent des effets néfastes sur l'attention, la vigilance, la mémoire, mais moins que le manque aigu de sommeil.

Bien dormir, c'est aussi dormir sans ronfler. Or près de dix millions de Français ronflent… Ce phénomène dont la fréquence augmente avec l'âge est dû à un rétrécissement du passage au fond de la gorge, lié à une longueur anormale du voile du palais et/ou de la luette, de l'embonpoint, un cou court ou une mâchoire étroite, la présence de grosses amygdales chez l'enfant ou une obstruction nasale.
Le bruit est provoqué par la vibration rapide de l'air au niveau des parois du pharynx détendues par le sommeil. Dans la plupart des cas, le ronflement n'a pour inconvénient majeur que de gêner le conjoint : le bruit maximal émis par un ronfleur "équivaut à celui de la circulation automobile d'une rue passante", rappellent Bernard Fleury, Chantal Hausser-Haw et Marie-Frédérique Bacqué, auteurs de Ronflements et apnées du sommeil.
Pour 10 % des ronfleurs, en revanche, il s'accompagne d'apnées du sommeil, d'arrêts respiratoires de 10 à 45 secondes. Les apnées sévères sont dangereuses, car elles perturbent le sommeil : le ronfleur dort mal, ne pouvant reprendre sa respiration qu'au prix d'un bref réveil ; il se sent donc fatigué dans la journée et risque de s'endormir n'importe où, au volant ou au travail. Elles altèrent les fonctions du cerveau et augmentent les risques cardio-vasculaires par manque d'oxygénation de l'organisme.
Le ronflement se soigne d'abord par une bonne hygiène de vie : perdre les kilos superflus, proscrire les dîners trop copieux et arrosés, arrêter les somnifères et le tabac, préférer la position couché sur le côté à celle couché sur le dos ou le ventre. Si le ronflement est dû à des problèmes rhino-pharyngés, il suffit de les soigner.
Le traitement passe parfois par une intervention chirurgicale classique, au laser ou par radiofréquences, visant à faire de la place dans la gorge ou le nez, par ablation des amygdales, de la luette ou d'une partie du voile du palais. Enfin, en cas d'apnées sévères accompagnant le ronflement, la ventilation en pression positive continue pendant le sommeil grâce au port d'un masque nasal est parfois prescrite.