
Parmi les fléaux de santé publique (cancer, diabète, asthme...), le cholestérol occupe une place de choix et représente un des motifs fréquents de consultation chez le médecin traitant. Le cholestérol n'est pourtant pas un danger en soi.
Il existe en effet un « bon » et un « mauvais » cholestérol. Le bon, le HDL, ramasse l'excédent de cholestérol dans le sang et le ramène vers le foie, qui le recycle ou l'élimine, ce qui favorise la bonne marche du système cardio-vasculaire.
Le mauvais, le LDL, transporte le cholestérol du foie vers les organes et le déverse dans le sang et sur les parois des artères en cas d'excès, ce qui constitue alors un sérieux facteur de risques cardio-vasculaires.
En se déposant, l'excès de cholestérol forme des « athéromes », des plaques de graisses qui empêchent la libre circulation du sang. On parle alors d'« athérosclérose ». Les parois internes des artères s'abîment, peuvent se fissurer, d'où la formation d'un caillot de sang, une « thrombose », qui interdit le passage du sang et fait mourir les cellules, faute d'oxygène. En bout de course, l'hypercholestérolémie constitue donc un facteur de risque d'infarctus du myocarde (la crise cardiaque), d'accident vasculaire cérébral (l'attaque cérébrale) ou d'artérite des membres inférieurs.
L'hypercholestérolémie touche au moins 5 millions de Français, qui sont traités sous statines, le principal médicament anti-cholestérol. Ce traitement, en augmentation de 20 % par an depuis 15 ans, représente un coût mensuel minimal de 13 à 25 euros. Ces statines sont la première classe thérapeutique prise en charge par l'Assurance maladie : plus d'1,1 milliard d'euros pour 46 millions de boîtes remboursées en 2004!
Elles sont depuis plusieurs mois dans le collimateur de la Sécu, qui, à la faveur d'une enquête nationale publiée fin 2003, s'est aperçue qu'elles sont prescrites de manière injustifiée dans la majorité des cas, c'est-à-dire avant même que les personnes souffrant d'hypercholestérolémie ne changent de mode de vie pendant au moins trois mois pour
La première règle d'or est de cuisiner à l'huile végétale mono et polyinsaturée (en particulier aux huiles de colza, d'olive, maïs, pépins de raisins, soja, comme le recommande le Dr Jacques Fricker, nutritionniste), mais surtout pas de beurre.
Pour tartiner son pain, utiliser la margarine aux stérols ou sténols végétaux serait préférable au beurre dans le cadre d'un régime adapté, riche en fruits et légumes. En effet, les phytostérols font aussi diminuer le taux de bêta-carotène (ou pro-vitamine A) dans le sang, d'où la nécessité de contrebalancer cette perte d'anti-oxydant bénéfique pour la santé en mangeant davantage de fruits et légumes qui en sont riches. En outre, l'AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) et les instances sanitaires européennes déconseillent formellement la consommation de produits enrichis aux stérols aux femmes enceintes ou allaitant et aux enfants de moins de 5 ans.
Les proportions recommandées de stérols végétaux sont de 2 à 3 g/j, soit l'équivalant de 2 à 3 cuillères à soupe de margarine, en se rappelant que « cette margarine est aussi grasse que le beurre et ne fait pas maigrir », souligne le Dr Jacques Fricker, nutritionniste. Pour profiter des apports en stérols, « il faut laisser le choix aux personnes qui ont perdu l'habitude de consommer de la margarine de consommer d'autres produits enrichis aux stérols végétaux (yaourts, lait, boisson) », indique pour sa part le Pr. Eric Bruckert, chef du service d'endocrinologie de l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière à Paris.