Faut-il construire beaucoup plus de
structures pour personnes âgées ?
Conséquence aussi pour les établissements accueillant les personnes âgées dépendantes : les 680 000 places actuelles devront d’ici à 50 ans être multipliées par 1,5 voire 2 pour répondre aux demandes. Ce qui signifierait la réalisation dans les prochaines décennies de 50 à 100 nouveaux établissements par département.
Mais ce ne sont que des hypothèses qu’il faut en permanence ajuster, ce qui n’est pas très aisé quand on engage des sommes importantes pour construire ou réhabiliter des établissements. L’incertitude réside dans la difficulté de prévoir les comportements dans 30 ou 40 ans.
On constate que l’entrée dans les établissements pour personnes âgées se fait de plus en plus tard, vers 85 ans aujourd’hui. Elle correspond à une solution à laquelle il faut se résoudre quand le maintien à domicile n’est plus possible, et que la perte d’autonomie est trop importante (86 % des résidants en maisons de retraite sont dépendants physiquement).
Mais qu’en sera-t-il demain si le maintien à domicile est soutenu activement ? « Si l’on oriente les investissements principalement vers les hébergements collectifs, il est assez probable qu’ils seront remplis, du moins s’ils ne sont pas construits dans les zones où existe déjà un suréquipement, indique l’économiste Henry Noguès. Inversement, si la priorité est donnée au soutien à domicile, il pourrait devenir possible de réduire le nombre de places proposées en établissement dans ces mêmes zones.
Le choix politique n’en devient que plus crucial. Il me semble que l’on a trop souvent tendance à opposer le soutien à domicile et l’hébergement collectif. Dans les bassins de vie, les deux types de réponses sont nécessaires et complémentaires. » Bien des responsables d’établissements se montrent très prudents sur les choix futurs, d’autant que l’amoindrissement des retraites pour les personnes les plus défavorisées pèsera aussi sur leurs capacités financières à intégrer des établissements.